Adolescence a l’épreuve des exils intérieurs, anthropologie et criminologie.

28 février 2001

Les 4e rencontres de psychiatrie, en 2001, s’étaient organisées sur le thème L’homme à l’épreuve de la société contemporaine, nous avions choisi de travailler sur la problématique adolescente, dans l’atelier, Des héritiers sans testament, autour d’un propos de René Char, «  notre héritage n’est précédé d’aucun testament ». Souvent citée, écrivaient les auteurs de l a Rencontre pour signifier la rupture d’une transmission, celle de la tradition de l’autorité, de ce qui fait loi dans une culture. Lire la suite

Criminologie, entreprises morales, sexualités, etc…

14 juillet 2011

avec la collaboration de Anne Winter, Dr en psychologie, ingénieure de recherches ICSH-CrimSo, R2

Une actualité à la loupe.
Un récent article du  Monde, sous la plume de Rafaële Rivais, Ces épouses qui tolèrent l’infidélité (10/11 Juillet, p.24) devrait laisser le lecteur informé un tant soit peu critique, sur sa faim. Certes, l’affaire DSK véhicule tant les valeurs morales que les normes juridiques et pénales de l’un et l’autre coté de l’Atlantique. Mais, de fil en aiguille après avoir dérobé la parole aux victimes ( la découverte de la mythomanie !), puis sacralisée celles-ci plus que celle-là dans l’étude des allégations,( les victimes d’abus à caractère sexuel) et pour s’être laissé trop longtemps  à ne vouloir rien entendre, de peur que l’ordre social  ne se perturbe, l’on a engendré un enjeu sociétal plus critique, incisif et plus politique : la mise en cause et en suspicion de l‘ordre juridique et de sa capacité à faire au mieux. Certes cela non plus n’est pas nouveau mais la mondialisation de l’information (le tout savoir des quatre coins du monde, dans un temps virtuel) accélère le processus de démolition de la parole juridique et politique dans un secteur qui touche au plus près la valeur morale et psychologique de la personne : sa subjectivité et le meurtre toujours possible de celle-ci. Lire la suite

Dimensions psycho-criminologiques de la désistance ».

Loick M. Villerbu[1], Anne Winter[2], Christelle Laurent[3]

Introduction

Le terme « désistance », en France, est largement inusité. Il n’est sans doute pas anodin que son émergence coïncide avec les travaux sur la délinquance juvénile aux Etats-Unis (1934). Sa référence est manifestement plus connue des familiers des études anglophones. Cependant, bien plus qu’une absence de réflexions et de propositions sur ce qu’il implique, il faut y voir un effet de culture criminologique et des disciplines afférentes à ce corps de doctrine. Dit autrement, ce que le terme implique et que nous allons discuter, est l’effet manifeste à la fois de conceptions de monde différentes et de politiques pénales/pénologiques volontaristes instruisant, dans d’autres dimensions, les acteurs du changement social et psychique. Chaque mot est un monde, écrivait M. Merleau-Ponty : chaque langue entraîne avec elle une conception de l’existence et des rapports intersubjectifs. Lire la suite

Adultocentrisme criminogène.

…ou la croissance exponentielle des conduites criminelles de victimation.

Dans le Monde Magazine (30 janvier 2010), Catherine Vincent ouvre un débat autour de Mes parents, ces espions, en même temps qu’elle le referme par le biais d’une tendance on ne peut plus forte aujourd’hui (mais sans doute pas plus qu’hier pour d’autres thèmes) : « avec les ados, l’heure n’est plus à la confiance, place à la surveillance. Tout l’attirail est disponible : du test de drogue au contrôle du téléphone. » Lire la suite

Criminologie et maltraitance ; repères psycho-criminologique et ce qui s’ensuit.

Ou,  de la maltraitance dans tous ses états : considérations cliniques et épistémologiques pour un renouvellement des approches et dispositifs d’intervention médico-sociaux.

31septembre 2009

Cliniques du lien social. LM Villerbu, C. Laurent – ICSH-GISCRIMSO

Octobre 2009

1- Le contexte intégratif de réflexions contemporaines : entre sciences et politiques, le renouveau d’une anthropologie morale.

Entre la médecine, la santé et le droit, il existe différentes zones, espaces ou aires intermédiaires que l’on pourrait au mieux qualifier de médico-psychologiques ou de médico-sociales. C’est de ces dernières qu’il s’agit dès lors que l’on se place sur le terrain des maltraitances, de leurs identifications et des dispositifs sociaux de veille, quelles que soient les formes qu’elles peuvent prendre, les services qui sont concernés par les faits concrets et les personnes réelles qui en sont les acteurs directs et indirects, agissant et subissant. Lire la suite

Groupe psycho-éducationnel et groupe thérapie…

…une distinction indispensable sans l’accompagnement psycho-pénal.

ICSH-GISCRIMSO, LM Villerbu

On différenciera le principe du « groupe criminologie » du « groupe psychologie » en ce que ce dernier est centré, sur des faits d’histoire proche ou non, et sans thématique a priori. Groupe de paroles au sens classiques du terme, non centré sur une tache mais centré sur la personne prise comme globalité.

Le groupe criminologie a cette différence qu’il est centré sur un objet et sur une tache à partir de faits d’histoires actuelles infractionnelles ; on dira qu’il s’agit d’un groupe centré sur construction psycho-éducationnelle. Ce qui lui suppose un objet une animation différente. Lire la suite

Economie psychique et changement social.

Poitiers, 27/29 novembre 2009.

L’envers du crime : une politique du subjectif aux sources d’une anthropologie du lien que l’on dit social.

Par Loick M. Villerbu, Pr., Pascal Pignol, psychologue clinicien, doctorant. Université Rennes 2.

En redevenant une actualité critique le trauma fait sens des modifications sensibles intervenues dans la compréhension du lien social, de ses avatars, et des interventions qui prennent sens et référence de ce qu’il donne à voir et à entendre. Ce que nous chercherons à montrer c’est le fondement sur lequel s’appuie ce renouveau dans une problématique de santé publique se fondant sur la crise et étayant les positions contemporaines autour de la victimologie. La voie que nous emprunterons suit un cheminement économique-dynamique. Elle nous permettra de montrer comment d’une part se transforment les victimologies et d’autre part comment s’y projettent les questions éthiques et cliniques autour de la victime comme choix et de la victime comme égarement : où commencent des prises en charge et en compte différenciées.

Présentation Power Point (.ppt) disponible sur demande.

Criminologies : Architectures des corps et enfermements.

A propos de mutilations et survivances

Deux annonces sécuritaires

Tout propos doit pouvoir s’analyser sous deux registres : l’effet d’annonce et l’annonce elle- même. L’effet d’annonce en ce qu’elle est une stratégie poursuivant un ensemble d’objectifs, consciemment ou non, mais dans tous les cas désirant pour un autre et suscitant chez celui-ci des formes réactives. Ce qui suppose une analyse stratégique raisonnée. L’annonce elle-même en tant que contenu d’information esquissant un fond de monde spécifique parmi d’autres fonds de monde possible, le contenu de l’annonce est alors ce qui fait office d’attrape tout. Ce qu’en un autre temps et pour d’autres raisons les amérindiens et d’autres, ont pu appeler un attrape cauchemar. Lire la suite

De l’usage de l’expertise en guidance projective et psychocriminologique.

Un autre regard sur les dits de justice pour un accompagnement psycho-pénal.

Pr. Loick Villerbu, Philippe Génuit Psychologue, Pascal Pignol Psychologue – Institut de Criminologie et Sciences Humaines, Université Rennes 2-France.

Une dimension psycho-criminologique d’une pratique psychologique en milieu contraint: faire un parallèle.

Comme il y a des littératures grises il y a des pratiques grises: celles qui ne disent qu’à peine parce que comprimées par des idéologies thérapeutiques ou d’obédiences dogmatiques.
Il y a des praxis qui n’ont de thérapeutiques que d’appartenir empiriquement à un corps de métier alors qu’elles émargent à une autre dimension de la veille psychologique et qu’elles émergent de l’insuffisance des propositions dites thérapeutiques, i.e. de ce qu’elles soutendent. Lire la suite