Essai d’analyse phénoménotechnique des taches d’encre du Psychodiagnostic de Herman Rorschach.

Une autre rationalité projective des déterminants et des modes d’appréhension.

Loïck M. Villerbu, Pr émérite. Psychologue, Psycho-Criminologue, Rennes 2 et Paris 7.

2019

Loïck M. Villerbu. avril 2020

Une invention et une rupture épistémologique

L’Interprétation Libre des Formes Fortuites (ILFF) fait partie des grandes inventions méthodologiques du XXe siècle, dans un parcours scientifique en expérience continue d’appareils de production de savoirs sur la psyché et ses avatars. L’intérêt de l’ILFF tient, entre autre, dans ce qu’il est aux carrefours1 de recherches plus larges, interrogeant différentes dimensions anthropologiques de l’homme : l’art, la divination, les sciences médicales/psychologiques. »

Taches et gribouillages faisaient partie d’une culture artistique, tout comme l’art des masques ; ces médias étaient également inclus dans des expériences mantiques qui rendaient compte d’un rituel magique, traditionnel. Un savoir était là, disponible, il n’y avait qu’à puiser et pour cela il fallait un initié.

Qu’y va-t-il de commun entre une « expérience rorschach » et une expérience mantique ?, où se situe la rupture de références ? Qu’est ce qui fait la différence entre l’espace phrénologique, l’espace chiromantique des lignes de la main et les taches d’encre de l’ILFF ? Ou encore, entre Szymon Hens, élève de Bleuler, qui dans sa thèse de doctorat, collecte de façon systématique les réponses que donnèrent des centaines de sujets face à des taches d’encres ? Ou encore avec les savoirs psycho-métriques ? C’est à ne pas se laisser pendre par une psychologie fonctionnelle ou fonctionnaliste, qu’il se sépare des savoirs psychométriques entrepris par Binet, usant également des taches d’encre pour étudier l’imagination visuelle.

L’ILFF est une expérience inaugurale dans sa différenciation avec les thèses de type collectes empiriques : non pas de s’intéresser au contenu des réponses mais aux caractéristiques de ces réponses2. Il développe alors un système de codage des réponses, trouvant partiellement un modèle dans le mouvement de la psychologie de la forme (ou Gestalt) : traitement des phénomènes comme des formes globales plutôt que comme l’addition ou la juxtaposition d’éléments simples. Caractéristiques également toutes singulières et qui se comprennent mieux si l’on compare aux interprétations mantiques, où par exemple voir une poule prend sens des attributs alloués à la poule, ou de sa localisation dans un espace conçu en terme de temporalité a priori (haut-milieu-bas/ avenir-présent- passé) ou encore dans une autre référence, prendra sens des données quantitatives proposées par une population identifiée par ses problèmes (sémiologie et nosographie). Avec l’ILFF ou encore ce que Rorschach appelle le psychodiagnostic, la fascination pour le contenu disparait au profit de la description de traits formels d’une performance, lesquels font sens du percept technique initial.

C’est dans ce contexte que la référence à la phénoménotechnie3 (capacité de la science moderne à fabriquer des phénomènes grâce à des instruments techniques) devient essentielle, tant dans la production des taches médiatrices que du code formel d’interprétation. Moment inaugural où les taches deviennent des planches, et le code un système auto consistant, à la recherche de sa théorie, de son concept. On avait pu écrire que les épreuves projectives en général proposaient un matériau totalement malléable (inconsistant) aux pressions de l’inconscient du sujet parlant, ce qui s’avère ici est que le matériau loin d’être neutre est, selon le propos de Foucault4 réfléchissant sur l’espace, « espace mixte entre utopie et hétérotopie… miroir, utopie puisque c’est un lieu sans lieu, miroir hétérotopie ,puisqu’il existe réellement, et qu’il a une sorte d’effet en retour, c’est à partir du miroir que je me découvre absent à la place où je suis puisque je me vois la bas ». Où l’on retrouve les premières analyses de Merleau Ponty5, « le sujet à l’origine de tout, non en terme de conscience mais en tant que corporéité. « L’espace et en général la perception, marquent, au cœur du sujet, le fait de sa naissance, l’apport perpétuel de sa corporéité, une communication avec le monde plus vieille que la pensée. », « Le monde existe alors pour le corps du sujet avant même que sa conscience en prenne possession. Et ce corps marque la place du sujet dans l’espace. » «  « Aux confins incertains où la figure propre du moi se distingue imparfaitement de la figure que lui présente le monde »6.

Les techniques ne se réduisent pas à des outils, elles se révèlent être des structures de la perception. Les systèmes techniques (Vial) sont qualifiés de systèmes techno-perceptifs en ce qu’ils « structurent au plan phénoménologique notre expérience du monde possible…  les perceptions du sujet relèvent de structures techno-transcendantales qui elles-mêmes dépendent de la technique de l’époque (Ibid.).La médiation technique des relations interindividuelles prend le pas sur la relation entre le Soi et l’Autre, entre soi et l’objet.7 Dans ces conditions il n’est plus possible de souscrire aux catégorisations de méthodes projectives en structurées/semi structurées, thèse dominante fort longtemps8.

Que sont les taches d’encre ?

Des planches, dans une série limitée, en rang non aléatoire, sur un mode de construction sériel : proposées sur un plan horizontal, le jeu des symétries verticales et horizontales, haut et bas, gauches et droites, formes, couleurs liées, déliées, dégradées, accentuées, espaces intermédiaires, espaces d’emboitement, espaces aux limites, s’imposant globalement, ou en détails… contraste plein/vide, couleurs/ clair-obscurs, à jamais miroir ou en miroir, d’une corporéité structurante et structurée9, déjà là, se jouant en partie et totalité, inscrite dans une anatomie instable, kaléidoscopique, statique, mobile10

Chaque planche se présente de fait comme une construction technique11 de notre « déjà-là » corporéité, de nos arrangements, de nos techniques de productions de sens : le code Rorschach est la formalisation des procédés techniques de construction de l’espace structuré selon la sérialité dite plus haut. C’est dans ce cadre que le projet Rorschach pouvait s’inscrire, selon Khun, dans  la Phénoménologie du masque dans les taches de Rorschach, « il n’a pas pour but d’établir des diagnostics à l’usage des psychiatres. Ce sont bien plutôt des types ou des « formes d’existence ». C’est pour cette raison – affirme-t-il – que le psychiatre, dans son travail, doit être en même temps anthropologue », notait J. Verdeaux12.

Dans bien des moments Rorschach est en psychologie ce que Tarde pouvait être en sociologie ou par rapport au savoir aliéniste, quand il proposait une autre lecture de la criminologie, arrivé trop tôt pour son époque et sans doute encore incertain du devenir de ses idées. Rorschach se trouve dans des phases similaires, à mi-chemin entre une conception novatrice et quasi éblouissante et la facilité avec laquelle il dit sa difficulté à se séparer d’autres savoirs cliniques contemporains. Ainsi ce texte, « Il n’est pas question de prendre ce test comme méthode de pénétration dans l’inconscient, du moins reste-t-il loin derrière les autres méthodes d’analyse psychologique en profondeur, interprétation des rêves, épreuve des associations, etc. Cela se comprend dans la mesure où le test ne suscite pas une création libre à point de départ inconscient mais réclame une adaptation à des stimuli extérieurs donnés. […] Le test peut cependant rendre certains services au psychanalyste. Il permet souvent, et toujours peut-être à l’avenir, un diagnostic différentiel entre la névrose et la schizophrénie latente ou manifeste » 13Rorschach trop dépendant de la notion d’inconscient, tel que formulé à son époque, se cherche un concept générique, dont il entreprend l’expérience.

Avec l’ILFF l’accessoire devient fondamental ; en donnant la priorité aux processus de perception par rapport au contenu objectal des interprétations, Rorschach introduit une coupure ou une rupture avec les procédures empiriques (observation et quantifications) et/ou mantiques (constructions pseudo-aléatoires). Avec L’ILFF l’accessoire (le média technique) devient procédures et processus, au point de devenir une méthodologie. Ou encore, les techniques ne sont pas les applications du savoir scientifique, elles le constituent. L’instrument scientifique n’est pas l’application d’une connaissance mais est l’instrument d’une connaissance14 ».

Ce n’est plus un test d’imagination. « Qu’est-ce que ça pourrait être » est la formule de détournement de la conscience vigile de la norme référentielle commune liée à la performance et à la comparaison avec un tiers. Ce n’est plus un test « par » l’imagination. Ce n’est plus une fonction parmi une autre qui est mise en expérience. La rupture conceptuelle est consommée, la fonction ne peut plus être représentée que comme un effet d’une idéologie politique de production et de consommation ; cela devient «  l’étude d’une performance dans l’inexistence de ce qui la produit ».15

Un parmi d’autres.

Le statut des épreuves de médiations cliniques se formalise avec Frank L.K en 1939, une autre version sera proposée par Morali Daninos en 195616. L’un et l’autre demeure fonctionnaliste bien que souhaitant mettre en avant des caractères dynamiques de l’expérience projective. Le premier organise sa catégorisation autour d’un mode opératoire en 5 méthodes, constitutives (matériel initial non structuré, comme le Rorschach), constructives (des éléments simples, séparés sont offerts), interprétatives (élaboration personnel d’un ensemble significatif, comme le TAT), cathartique (recherche de réactions émotionnelles), études du mouvement expressif (gestualité). Le second singularise 6 fonctions de la personnalité, mises à l’étude, identification, expression, adaptation, différenciation, interprétation, intention.

Pour faire rupture avec ce fonctionnalisme nous avons proposé de distinguer dans l’ensemble projectif deux catégorisations17, en partant des processus techniques d’expériences sollicitées, l’une l’énigme, organisant un matériel dont l’existence est à faire apparaitre (type ILFF) et l’autre l’intrigue, mettant en scène de l’intentionnalité (type TAT). Chacune de ces deux catégories se technicise en programmes et en stratégies types qui deviennent alors autant de variations expérimentales d’une question, d’une problématique intersubjective18 ou pour parler comme Bachelard, dans le cadre d’une phénoménotechnie, «  la phénoménotechnie étend la phénoménologie, un concept est devenu scientifique dans la mesure où il est devenu technique, est accompagné d’une technique de réalisation19. » (Bachelard, 1934a, p. 60-61)

Enfin nous n’oublierons de tenir constante l’hésitation dans laquelle se tenait H Rorschach, entre une épreuve d’Interprétation libre des formes fortuites (héritière de la Klecksographie et de tout un courant artistique/mantique), époque pré-thérapeutique (entre révélation et auto expérience), et le Psychodiagnostic (intégrant les dimensions psychopathologiques et développementales), époque de construction nosographique, ( soucieuse de validation interne et externe, d’un arrêt sur image) , quand les taches d’encre deviennent des planches. Cette bipolarité technique (taches d’encre/planches) est sans doute ce qui fait une attention soutenue de Bachelard et des existentialistes aux travaux de H. Rorschach, telle que le souligne Basso20, « Bachelard, dans son ouvrage de 1943, montrait « avec beauté et pénétration la portée analytico-existentielle des métaphores fondamentales “de la hauteur, de l’élévation, de la profondeur, de l’abaissement, de la chute ».

Le code du Psychodiagnostic.

1- Le code n’est pas né d’un savoir extérieur et fonctionnaliste, ce n’est pas l’application d’un savoir déjà là. Ce qu’il vise a priori n’est pas de se confondre ou de morfondre dans un savoir nosographique de type psychiatrique. Il peut y avoir des retombées sur ce savoir et l’on peut tenter d’organiser des analyses de type assurantiel pour déterminer quantitativement des probabilités d’occurrences de telles ou telles manifestations déjà connues et répertoriées.

R. Khun avait bien compris le destin des schémas rendus possibles, à partir de son ouvrage sur la phénoménologie des masques et repris par Bachelard, «  les « types » dans le Psychodiagnostic, dans la mesure où ceux-ci ne sont pas des modèles théoriques idéaux, des abstractions vides ou des constructions arbitraires mais – comme l’expliquait déjà Binswanger : des « concepts qui peuvent “valoir” pour le réel, auquel le réel ne doit pas seulement être “mesuré21 ».

Le code se met éventuellement à l’épreuve des nosographies mais ne s’y réduit pas, il peut se mettre à leur service, se faire emprunt mais ne s’y réduit pas. Sans nul doute, Rorschach a été tenté par des « synthèses » génériques renvoyant à des types caractérologiques ou des ensembles nosographiques. Le TRI en fait exemple de même que certains essais sur des types idéaux. La thèse sur les hallucinations réflexes et leurs origines continue de parcourir une œuvre partagée entre une recherche sur la complexité et la fermeture de celle-ci dans une complétude. Une même réduction de la complexité se retrouve dans nombre d’interprétations de références psychanalytiques lorsque par exemple le TRI se mue dans les complexes traitant des aléas du développement psychologique et de leur « modélisations », noyaux d’identifications, modèles de gestion émotionnelle ou des affects et leurs avatars, inductions d’identifications parentales, etc.

Il en va du code ce qu’il en a été des planches. Celles-ci sont analysées et interprétées au titre d’un « sens inaugural » supposé, soit en référence aux fantaisies et mythologies familiales, dans une différence latent/manifeste (planches dites de …, de la mère22, du père, de la femme, etc.), aux modes d’adaptations à des types de situations, (urgence, sexualité, etc.), aux localisations.23 Un répertoire en a pu être fait.24 Chacune se trouvera être définie par une séries d’occurrences normatives25, sur un plan socio culturel : ses sensibilités d’appartenance à des mondes divers : conversions des espaces mantiques à des espaces de théorisations disciplinaires.

Le code, dans l’analyse phénoménotechnique nait des prétextes formels des taches d’encre, c’est-à-dire de percepts déjà là, censés faire sens aux « engrammes » psychiques que les différentes théorisations (psychiatriques, nosographiques, quantitativistes, etc.) incorporent. Ces engrammes sont un type ou un mode de fonctionnement, un processus. Ce que les taches donnent à voir et offrent, est un processus, un ensemble de processus opératoires. Ce que l’on appelle le code d’interprétation est cette offre technique de processus, dont il convient de trouver l’auto-cohérence, au-delà de l’usage fonctionnaliste (l’interprétation selon les théories dominantes en psychologie) qu’on peut en faire et que l’anamorphose met en scène.

Pour accéder à l’auto cohérence du code il faut s’abstenir de réfléchir en y combinant les éléments pensés premiers ou fondamentaux de l’expérience, par exemple en Ratio K/C, G/D pour accéder aux principes premiers « technique » du G, du, D etc….Dissocier ce qui relève des composants perceptifs et pathiques s’avère nécessaire.

Aller en deçà et au-delà de l’expérience théorisée de H. Rorschach, en quelque sorte considérer les modes limites de possibilité de K de C ou encore de G et de D, expérimenter par l’échec et les possibles réaménagements, compensations, de cet échec. K et C sont des déterminants aisément identifiables dans les travaux de thèse, G et D exposent ce qu’il en est d’un dispositif graphique expérimental. Il faut alors pouvoir penser la localisation des réponses sur un mode homologique au travail réalisé pour les K et les C. Dans les K et les C il y a tout le travail instanciel de Bleuler, cognitif, affectif et de contrôle. Au-delà de cette division idéaliste et fonctionnaliste de la vie psychique, des mouvements dits centripètes ou centrifuges, qu’est-ce que les percepts graphiques donnent-ils à voir pour l’engendrement des réponses ?

Par exemple dans la mesure où K et C sont perçues interprétées en opposés normatifs on s’empêche de chercher ce qui a raté dans le processus K puisque la réponse type C vient servir d’écran à cette possible évaluation. Il faut imaginer du processus K impossible et qui trouve dans ses possibilités restantes des aménagements possibles, lesquels ?

C ou même F, dans l’échec à proposer du K, sont des processus écrans qui ne disent rien des motifs du ratage de K, circonstanciels ou non, et à propos de quels percepts graphiques, i-e de la conflictualité spatio-temporelle spécifique, en jeu. L’interprétation vise la performance et non l’instance en jeu ; celle-ci étant supposée acquise par la typologie du TRI. La recherche doit se porter sur le percept graphique qui inhibe l’émergence du K. Sachant que le percept n’est pas ce qui se donne à voir mais le conflit instanciel qui s’offre à une composition.

2- Recherches sur l’auto cohérence du code, percepts et déterminants de localisation du mode d’appréhension.

2-1 Les taches et les planches. Quels sont les percepts instrumentaux ?

Les planches organisent une sérialité : une mise en série de problématiques, sur une répétition, le mode de fabrication des taches qui rend présent un travail sur un ensemble de symétrie verticales et latérales ; lesquelles « découpent, organisent » une tâche mono ou poly colore qui font redoublement avec la symétrie dite plus haut. Tout se joue sur une symétrie spéculaire en des sous-ensembles, dont les variations peuvent être anticipées. Espaces et temps dans l’ILFF sont des formes qui deviennent attendues.

Le travail des taches, entre elles, sur une même planche renvoie à une place à prendre, tenant compte de formes, de formes limites, couleurs, liées, déliées, dégradées, accentuées, espaces intermédiaires, espaces d’emboitement, espaces aux limites, s’imposant globalement, ou en détails… contraste plein/vide, couleurs/ clair-obscurs.

La consigne, «  ce que ça pourrait être » organise un travail analytique spécifique où se conflictualise une évocation et son attestation, sa vraisemblance/ressemblance, sur la base de ce qui dans la réel (des taches) est toujours sur le point de pouvoir être autre chose. En proposant de l’indéfini structuré (rupture et continuité) sur le plan spatial, le travail propose une double surface dite « projective » : d’un côté, partie/totalité et figure/ fond, de l’autre dehors/dedans et ici/là- bas qui vient rendre des opérations analytiques en jeu, perceptive et pathique.

Analyse perceptiveAnalyse pathique

Figure/ fond
Partie/totalitéIci/ là-bas

Dehors/ dedans

2-2 Que veut dire produire des G ? (en dehors du rapport quantitatif de ratio G/D)

Sur le mode empirique, en suivant H. Rorschach, « G » signifie que l’image de planche a été appréhendée globalement, et D qu’une partie de la planche a été appréhendée ».

Ce qui se donne d’évidence peut être déconstruit si l’on admet qu’il y a deux modes d’organisation de G en termes de temporalité : simultanéité et successivité.

Ce qui se donne d’emblée comme G (primaire-simultanéité) intègre les différences dans un objet total, et à côté, le sort des DG/successivité, (secondaire- combiné) vient dire deux choses : ce qui manque pour construire du G, ou au contraire ce qui manque au G, dans la difficulté à quitter la totalisation qu’elle représente.

Dans la successivité (combinaison) ce que les D tendant vers G nous indiquent c’est ce qui peut se passer quand une exigence G se fait jour sans que puissent se discriminer les plans de la représentation. Partie et totalité sont identifiables mais leurs valeurs engendrent ce qui va être désigné comme confabulation ou contamination quand l’attribution cherche une vraisemblance. « Les formes ne sont pas vues nettement, ou les objets interprétés isolément sont ordinairement combinés sans égard à leur situation respective dans la planche… La situation des objets dans l’image est négligée …et une autre série qui se forme par superposition de deux perceptions partielles, les réponses contaminées, « incompréhensibles en elles-mêmes ». Des parties hétérogènes d’expériences viennent se combiner à l’exemple de ce que nous donne à voir la résurgence d’évènements traumatiques, ou encore la pensée automatique.

L’analyse pathique dans ses trois instances vient nous dire comment le rapport partie/totalité est conflictualisable selon deux modes distincts, en organisant des représentations différenciables et selon qu’un auteur soit trop présent (confabulation dans laquelle tout se tient au motif d’une direction de sens non critique) ou trop absent (contamination-entassement pèle même).


DG la partie évoque une totalité d’appartenance
G pole confabulation Un auteur est surprésent,

DG où une scène se totalise sans que soit perçue de présence contradictoire

Juxtapositions de plusieurs entiers se suivant à la limite de la superposition
G pole contamination L’auteur s’absente

Des parties hétérogènes d’une même expérience actuelles référables à une perception s’imposent ensemble.

Ou encore si l’on admet que chaque réponse se fait en résistance à la prégnance d’une qualité du percept26, retenant les caractères que le système Exner peut leur prêter au plan de leur verbalisation, ou que Minkowska27 avait souligné en opposant deux entités nosographiques.

Prégnance de la séparation et de l‘hétérogèneRésistance sur un mode confabulation, par impossibilité de séparerType glischroïdie
Prégnance du lié et de l’homogèneRésistance sur un mode contamination, par impossibilité de lierType schizoïde

2-3 Il en va de même pour les réponses D. Celles-ci ne peuvent pas se définir seulement comme une partie de la totalité de la tâche d’encre. Elles ne le sont que dans le cadre d’un ratio G/D, conçu comme signifiante d’un type d’énergie associative : ce qui les définit n’est pas simplement d’être une partie mais de rendre compte d’une qualité graphique de la partie, d’un travail spécial sur la limite de l’informe, dans le cadre de trois instances pathiques.

La réponse D est travaillée conflictuellement par ses avatars. Elle n’est possible que si ses avatars constitutifs ne prennent pas le dessus du travail de représentation. Ceux-ci viennent qualifier une possibilité offerte par les percepts. Au lieu de ne considérer les autres réponses type D comme des variétés de celle-ci, il faut les prendre comme des variations expérimentales de la réponse D: un travail de partition sur la base des instances dehors/dedans, figure/ fond, ici/ la bas, quand c’est le dedans, fond, le là-bas, qui prennent le dessus, selon des variations spécifiques.

Le mode de détermination des réponses D est hétérogène, axé -sur la découpe (partition) -et son apparition du point de vue statistique. Un complexe, aux éléments conflictuels est en jeu,

D = grand détail. Il existe une liste des D statistiquement déterminée et qui permet de coter ces réponses. Ce sont des contenus fréquemment reconnus dans des découpes.

Dd, Découpe arbitraire peu fréquente, ne tenant pas compte de la tache interprétée, même dans une grande découpe.

Di, la restriction perceptive à un détail d’une partie habituellement vue dans sa globalité,

D/bl = Dbl intégré à la réponse D.

Dbl = espace blanc à l’intérieur des dessins.

Dbord, attention aux limites extrêmes des taches28.

Ainsi,

Figure fondDbl, espace inter maculaire de l’espace cadre D/bl, dynamique analogue à DG
D Dehors/ dedans
Figure fondDd-Di, espace démultiplié dans l’espace fond
Figure FondDbord, espace du contour de la figure, (envers du Dbl)
D Ici/ la bas
Figure fondDo, espace privé de sa totalité (conventionnelle) (envers de Dd et Di)

3- Recherches sur l’auto cohérence du code, percepts et déterminants des modes de présence. Les variations structurelles de F.

3-1 Ici L’hypothèse est ici, également, que chaque réponse engramme un percept opératoire dont la saisie se fait par un travail de résistance à ce qui peut s’y opposer. Le processus psychique est le même que précédemment mais avec des modes opératoires différents puisqu’il s’agit de dire des modes de présence en terme de représentation d’objet.

Ces modes de présence s’affrontent par ce qui leur donne de la forme, i-e par ce qui fait effort de différenciation/distanciation. Une forme qui résiste à sa disparition en se surdopant F+ exclusif, ou qui témoigne d’une résistance partielle F-exclusif, dans l’identification d’un objet et ses possibles appartenances.

Alors qu’au plan du mode d’appréhension G/D le percept opératoire tenait à la conflictualisation partie/totalité, ici la conflictualisation se faite entre F/K, forme statique/mouvement. F et K peuvent disparaitre, un aménagement peut leur être trouvé à titre d’aménagement compensatoire.

F et K sont deux instances qui n’existent qu’au risque de leur disparition par les processus qu’ils contiennent : pour l’un(K), le rapport entre le partiel (d’un ensemble) et le multiple (démultiplication). Pour l’autre (F) qui suppose une attention aux limites, l’évanouissement de celles-ci dans le C et une possible récupération par l’énumération, ou dans la masse (Clob) et la sortie éventuelle par la réponde type E, (perspective).

Les percepts contraignent à travailler sur les rapports de masse (Clob et C) et de contour, (segmentation, divisions, etc.) c’est là l’objet de saisie du F et des conflictualités induits par la technique,  liés à l’émergence d’un objet :

K, kp, kan, kobj (K en représentation humaine, et autres)

C’, Cn (couleurs et nominations de couleurs)

Clob, E (estompage et perspective) texture29.

partielkp. Parcellarisation/fantôme
K mobilité
multiplekobj, kan. Démultiplication/mouvement subi


délimitéC’, Cn Evanouissement/énumération
F statique
densitéClob, E, texture Masse /perspective

Rorschach avait écrit, « le type C consacre souvent une activité laborieuse à chercher des interprétations. Il a besoin, à cause de l’origine de ses dispositions, de mettre en circuit un contrôle des associations aussi conscient que possible… Le type K met autant que possible hors circuit le contrôle conscient des associations et c’est pour cela que ses modes de réactions se rapprochent des états oniriques. Pour K c’est un jeu ; pour C, c’est un travail. »

Nous savons mieux avec l’approche phénoménotechnique sur quoi repose ce travail. De son côté, Rapaport30 avait interprété les kinesthésies comme autant de « pulsions  partielles », autre manière de noter ce qui s’oppose au travail structurel de F.

3-2. La problématique du « choc »  trouve ci sa rationalité en ce qu’elle montre l’existence d’opérations impossibles, d’une incapacité à aménager un mode d’existence sur la base des offres, percepts techniques, proposés. Les aménagements de K et de F s’avèrent impossibles devant la stupéfaction engendrée par les percepts opératoires. Le choc en quelque sorte, fait exister le percept technique opératoire, quel que soit l’incarnation qui se propose ou s’impose. L’hypothèse d’un mode dissociatif y trouverait une explication.

4-En renonçant à confondre le concept « percept /fantasme » avec, « manifeste et latent », une expérimentation de l’ILFF de Rorschach devient possible : les taches d’encre ne sont plus des matières inertes  mais des complexes spéculaires, dont les théorisations perceptivo-cognitif/affectives peuvent se saisir sans les réduire. Par leurs percepts techniques elles sont des offres d’organisateurs psychiques. On peut alors accéder aux modalités logiques et complexes qui structurent le fait même « de se rendre à une réponse », et en apprendre les conditions de possibilité. Des théorisations unifiantes comme celle du fantasme, de l’image du corps… font écran à l’expérimentation.31 Il est temps de se laisser apprendre par le code Rorschach, apprendre en s’apprenant, comme il est temps de ne plus se laisser prendre par les savoirs complets.

Nombre d’expériences en ce sens ont déjà été tentées, sans donner lieu à des recherches suffisamment singulières pour qu’elles fassent modèles d’investigations singulières. On peut citer celles sur les consignes comme sur le matériel ou encore sur des concepts innovants32.

Sur le matériel : -les versions parallèles : Be-Ro (Behn-Rorschach, 1921), Fu-Ro (Fuchs-Rorschach, 1958), Ka-Ro (Kasaguchi-Rorschach, 1963) au Japon, test de Holtzman (1961) aux Etats-Unis, de Howard (1953) au Canada, de Parisi et Pes en ltalie (1989), forçage de la symétrie, etc. ; -ou la saturation des planches en paramètres K/F (Levy, 1948) ; – facilitation ou non d’organisations ou de dissociations par hiérarchisation des couleurs, clair-obscur, masses ; de la division ou du morcellement par une figurativité tendant à l’exemple ;- distribution différente des planches…

Sur la consigne : -donner un titre à chaque planche (Merei, 1947) ;-ré administrer l’épreuve (Kaplan, 1956) ;-épreuve de choix de réponses après la passation (Defayolle, 1965) ; choix forcés (Harrower, 1946) ; contrainte à donner « encore une réponse » (Tamarin, 1965) ;-Rorschach Anatomique (Kieffer et al., 1969), injonction à ne pas donner de réponses anatomiques (Serrate, 1965) ;- incitation à voir des gens en action (Levy, 1948) ;-incitations associatives (Aronow, 1976 ; Katz, 1965 ; Simon, 1993) ;-incitations à organiser un récit à partir des réponses données (Katz, 1965) ;-Rorschach géographique (Beizman, 1965 ; Levine et al., 1944) ;- épreuve de rotation ou non (Bohm, 1955) ; -limitation du nombre de réponses (Holtzman ; Morgenthaler, 1947 ; Zulliger, 1959) ;-présentation de toutes les planches à la fois, libre rang de passation (Caracos, 1965).

Sur les surfaces interprétatives ajoutées :-échelles d`enveloppe/pénétration (Fischer, Cleveland, 1968) ;-échelle de représentation de soi (Rausch de Traubenberg, Sanglade, 1981) ;-liaison [IV-V-VI] (Carasco, 1965 ; Klopfer, 1968).

Conclusions, Perspectives de recherches cliniques.

Cette approche expérimentale a son analogue dans les espaces thérapeutiques qui proposent une consigne autre que, « dites-moi ce qui vous passent pas la tête », en même temps que modifiant l’architecture de la rencontre, modulant ainsi la formule classique d’association verbales/orales. Une autre offre vient modifier le percept technique –relationnel initial et ce qu’il induit en termes de conflictualités. On pourra y citer des travaux de Ferenczi, Winnicott, Bettelheim, Pankow… mais aussi les travaux de Robert Desoille sur le Rêve Eveillé, les annonces de l’EMDR de Francine Shapiro, les propositions de C. Baudouin sur la psychagogie.

Chaque fois qu’une formule « injonctive technique » change on peut constater, après coup que les populations de problèmes ont changé en tant que mode d’entrée33, tout autant dans la pratique thérapeutique (exemple en psycho-victimologie/psycho-traumatisme) que de la recherche34.Ces variations techniques sont en miroir des modes de structuration des situations problématiques singulières35.

La structure de l’expérience « ILFF » type Rorschach ne peut se réduire à l’usage qui en est assuré aujourd’hui, parce que la pratique clinique est également en transformation, plus différenciatrice de types et modèles de problèmes. Le système de codage devrait s’ouvrir à d’autres usages que ceux du diagnostic descriptif et faire l’objet d’autres expérimentations36.

1 Basso E. (2017) citant R. Khun, Complicités et ambivalence de la psychiatrie. Munsterlingen et le carnaval es fous en 1954. Médecine sciences/S 33(1) :99-104. R. Khun, Phénoménologie du masque dans les taches de Rorschach. La Phénoménologie du masque, écrivait J. Vereaux, n’a pas pour but d’établir des diagnostics à l’usage des psychiatres. Ce sont bien plutôt des types ou des « formes d’existence » que Kuhn a l’ambition de faire ressortir. C’est pour cette raison – affirme-t-il – que le psychiatre, dans son travail, doit être en même temps anthropologue

2 http://www.unige.ch › index.php › download_file › view/ Un pli entre science et art : Hermann Rorschach et son test.

3 Bachelard G. (1934) Le nouvel esprit scientifique, PUF. Paris. Chrysostome Mondzo (1986) la phénoménotechnique dans l’épistémologie de G Bachelard.

4 Foucault M. (2004) « Des espaces autres », Empan 2004/2 (no54), pages 12 à 19.

5 Merleau Ponty M. (1945) Phénoménologie de la perception. Gallimard.

6 Starobinski J., (1961) L’œil vivant, T. 1, Gallimard. (1970) La relation critique, Gallimard.

7 Vial S. (2014) Ce que le numérique change à autrui : introduction à la fabrique phénoménotechnique d e l’altérité. Hermès, La Revue N 68,-1, p.151-157

8 In Anzieu, op. Cité, p.26

9 Merleau Ponty M., (1945) Phénoménologie de la perception, Gallimard.

10 Fabrice Flahutez, Marcel Duchamp et Jacques Lacan, Réception de Hermann Rorschach en France (1934), parle de « symétrie axiale, bipolaire et tripolaire ». Hypnose, Esthétique, littérature et inconscients en Europe (1900-1968), Éditions L’improviste.

11 Ibnelkaid Samira (2016) Identité et altérité par écran : modalités de l’intersubjectivité en interaction numérique. Thèse Lyon.

12 In Basso E. (2017) Complicités et ambivalences de la psychiatrie Munsterlingen et le Carnaval des fous de 1954. Médecine sciences: M/S 33(1):99-104 · January 2017. Verdeau J. (1957) Kuhn R. Über Maskendeutungen im Rorschachschen Versuch. Monatsschrift für Psychiatrie und Neurologie 1940 .trad. Fr. Verdeaux J. Phénoménologie du masque à travers le test de Rorschach. Paris : Desclée de Brouwer, 1957 : 172 p

13 Rorschach H., (1921) Psychodiagnostik .Trad. Psychodiagnostic, PUF, 3e éd., 1962, p. 107

14 Grange JL. (2015) L’invention technique et théorique : la philosophie des sciences de G. Bachelard. http://www.ccic-cerisy.asso.fr/imaginaire15.html&gt;.<halshs-01336345

15 Voir également, Puissance de l’informe, introduction. – Benoît Mitaine, Marie-Odile Bernez … – textimage

Introduction – Benoît Mitaine, Marie-Odile Bernez … – textimagewww.revue-textimage.com › 15_informe › introduction2

Et, Didi Huberman, G. (1995)) La ressemblance informe ou le gai savoir virtuel selon G. Bataille .Paris, Macula. (1999) Fra Angelico, dissemblance et figuration. Flammarion.

16 Morali Daninos (1962) Introduction au Rorschach et aux méthodes projectives. Bulletin Société Française du Rorschach et des méthodes projectives, 13-14,

17 Villerbu L-M (1993) Psychopathologie Projective. Edition ARCP, Université Rennes 2. Edi. 1

18 Vial S. (2013) L’être et l’écran, 95-148

19 Bachelard G. (1934) La formation de l’esprit scientifique. Vrin. (1953) Le matérialisme rationnel. PUF.

20 Elisabetta Basso, (2019), “Une science de fous et de génies” : la phénoménologie psychiatrique à la lumière de la correspondance échangée entre Gaston Bachelard, Roland Kuhn et Ludwig Binswanger, Revue Germanique Internationale, 30. https://doi.org/10.4000/rgi.2325

21 Ludwig Binswanger, Einführung in die Probleme der allgemeinen Psychologie, Berlin, Springer, 1922. Repris par E. Basso, op. cité.

22 Orr M., (1958) Le test de Rorschach et l’imago maternelle. In, Monographies du Bulletin du groupement français du Rorschach. Ed. 1969

23 Sal y Rosas (1956) Remarques sur la position des zones de réponses dans les taches de Rorschach. Journal de Psychologie clinique et projective. p. 39-32. Tendances à interpréter des zones situées en un lieu déterminé (périphérique/central-supérieur/inférieur-médian/latéral indépendant de toute autre attraction. Modèle que l’on va retrouver dans le Village Imaginaire, par exemple.

24 Andronikoff A. (2008) Le Rorschach et les méthodes projectives. EMC, Psychiatrie.37-150 A10, recensant et organisant les travaux de C. Chabert, N. Rausch de Traubenberg, etc.

25 Anzieu D. (1961) Les méthodes projectives. PUF.p.121, «  la valeur connotative des planches. Ed. 1976

26 retenant les caractères que le système Exner peut leur prêter au plan de leur verbalisation dite inhabituelle et combinaisons inappropriées Exner (1993) The Rorschach, a compréhensive système. (Vol.1) Basic Foundation. J Willey and son. (2005)Vol.2.. Stassart M. (1995) Martine STASSART, Thèse, L’évolution psychodynamique à moyen terme du choix vocationnel chez le grand adolescent (de 18 à 22 ans). Liège. Roman P. (1997) Projection et symbolisation chez l’enfant. PUL. (Note sur la notion de personnalité- bordure et de son mode langagier/gestuel).

27 Minkowska F., (1956) Le Rorschach, à la recherche du monde des formes. Desclées de Brouwer.

28 Péchoux R. Harmand M.F., (1967) Deux problèmes, l’opposition et les détails blancs. Journal de psychologie clinique et projective. Roman P. (1997) Projection et symbolisation chez l’enfant: la méthode à l’épreuve de la clinique. PUL

29 Exner John E. (1993) Le Rorschach un système intégré. Tr. fse (1995) Andronikoff A. Ed Frison Roches.

30 Rapaport D., Gille M.N., Shaffer R. (1946). Diagnostic psychological testing : Vol.2. New York, International Universities Press, 1970. Anzieu, op. cité, p.27

31 Villerbu L-M (1999) 2e édition. Psychopathologie projective. Préface de G Lanteri Laura. Livre II. Eléments d’élaboration d’une clinique expérimentale. Ed. ARCP, ISBN2-911767-03-9, p.189.

32 Villerbu, op cité, p. 192.

33 Silberstein F. (2017) Le modèle d’interprétation perceptive de Herman Rorschach. L’Harmattan.

34 Denis Y. (2015), Le village itératif. Une méthode de psycho-thérapie. Yellow Concept. Sciences humaines & sociales.

35 Vial Stéphane (2012) La structure de la révolution numérique : philosophie de la technologie. Thèse Paris V. (2013) L’être et l’écran. Comment le numérique change la perception. PUF

36 Un travail semblable à celui de Exner, op.cit., mais dans un toute autre approche, et en vue de poser des structures de rationalité et de facilitation de changement, devrait pouvoir donner lieu des recherches.

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