Groupe psycho-éducationnel et groupe thérapie…

…une distinction indispensable sans l’accompagnement psycho-pénal.

ICSH-GISCRIMSO, LM Villerbu

On différenciera le principe du « groupe criminologie » du « groupe psychologie » en ce que ce dernier est centré, sur des faits d’histoire proche ou non, et sans thématique a priori. Groupe de paroles au sens classiques du terme, non centré sur une tache mais centré sur la personne prise comme globalité.

Le groupe criminologie a cette différence qu’il est centré sur un objet et sur une tache à partir de faits d’histoires actuelles infractionnelles ; on dira qu’il s’agit d’un groupe centré sur construction psycho-éducationnelle. Ce qui lui suppose un objet une animation différente.

Un objet au sens où celui-ci est « la norme et ses valeurs », les effets de normes et de leur construction d’une part, les effets de valeurs que cela entraine. La norme renvoie à ce qui se dit d’un comportement normé par effet de loi et la valeur, à l’intérêt qu’on va attacher ou non à ce qui de la norme a été engagée par sa construction et pour sa construction. La norme ici, est comme dit plus haut, effet de loi laquelle considère l’intérêt général et collectif en fonction de ce qui est attendu du citoyen à la différence des effets de normes que l’on va appeler en comparaison effet de conventions i.e. produites par un groupe soit communautariste soit de parties privées. Pour rendre compte de la différence on dira que si nul n’est censé ignorer la loi en son principe, la connaissance des conventions et/ ou de leurs écarts ne peuvent tomber sous l’effet d’une loi pénale.

Le groupe criminologie est dit alors centré sur la norme et la responsabilité envers soi et envers autrui, i.e. en vers d’un coté, le vivant et de l’autre coté le lien social, tels que tous les deux apparaissent normés par le code pénal qui en dit les écarts inacceptables et prend des mesures pénales en conséquences.
Ce n’est pas un groupe de normalisation i.e. d’adaptation imitative mas un travail sur la normativité d’une part sur l’empathie d’autre part. On entend par la normativité la mise en exercice de la capacité par hypothèse inhérent à chacun de fabriquer du principe i.e. de s’auto interdire en vue d’un bien supérieur, ce denier n’étant pas en soi prescriptif.

Si l’on évoque ici l’empathie c’est parce celle-ci vient dire qu’au-delà d e l’imitation il y a en jeu un vecteur dynamique fondamental, l’identification et par elle ci un fait possible de transfert. On entend par la capacité d’attachement et à la fois ce qu’elle produit comme dépendance et sortie de dépendance à la condition qu’elle soit conduite de telle manière qu’elle ne vise à endoctriner( groupe sectaire criminogène) mais à produire une autonomie. Travail psychique sur la fiabilisation susceptible d’être accordée par soi même à soi et à autrui.

On dira encore qu’un groupe criminologie n’est pas un « groupe médiation »au sens ou celui-ci désigne des parties et des constructions de compromis. Dans le groupe criminologie il ne s’agit pas de tenter de proposer des issues à une situation conflictuelle locale mais de mettre au travail un travail psychique sur la citoyenneté et la responsabilité dont la mal mesure fait glisser les propositions trio souvent sur le versant de « est –il dangereux ? »

Une tache au sens où l’on attend que le travail sur l’objet soit conçu comme un travail psycho pénal ou mieux encore comme un travail psychique psycho-pénal suivant l’expression que nous avions utilisé lors de la construction des mesures du TIG-CEA en inventant les unités pédagogiques TIG –CEA. Il ne s’agit pas d’un simple effet de redoublement : le travail psychique dit ici la constitution d’une expérience anthropologique de soi-même, soi-même comme un étant dans la monde et le « groupe criminologie », bien loin de se revendiquer comme un « groupe psychologie » qui dans l’essentiel se centre sur le sujet dit par métaphore, sujet de l’inconscient se saisit des effets et des incidences de l’effet de la norme comme valeur, dans une dimension appropriative. On comprendra qu’il ne s’agit pas de mettre en œuvre un groupe dont on dirait apriori qu’l est thérapeutique mais un groupe psycho-éducationnel et se revendiquant de cette différence.

L’apprendre à être ensemble dans l’expérience anthropologique, écouter-s’écouter et dans quelles conditions en constituent les attendus d’un tel travail. Ce qui a comme conséquences que des consignes spécifiques puissent être produites quant à l’objet quant à la tache.

Des modes de sélection

  • L’explication d’un parcours psycho-éducationnel, sa publicité
  • L’engagement écrit et lu à haute voix devant au moins deux personnes, après un parcours
  • Le nombre, restreint par principe
  • L’assiduité et son obligation
  • La régularité et son explication
  • L’âge et le facteur expérience
  • L’équilibre des membres du groupe

Des consignes

  • Centrées sur l’objet, la norme : la loi, sa construction, ses motifs, son économie politique, ses économies pénales, les doubles registres des responsabilités et culpabilités…
  • Centrées sur la tache, subjectivation des conventionnements : soi-même comme un monde dans une expérience anthropologique, le respect de soi et des autres
Dans une écriture Rituelle (un espace de paroles et de dires) et un espace d’apprentissage (l’apprendre pédagogique du lien social et du vivant)

Des modes d’animations de groupe entre : Droit/possibilité/obligation/impossibilité
Des explications a priori sur les termes droit, obligation, possibilité, impossibilité

Des modes de présence ritualisables et explicables

  • Le droit de dire et/ou de ne pas dire, de laisser sa place et/ou de la garder
  • le droit de ne pas interrompre
  • Le droit de ne pas tout dire
  • Le droit de ne pas monopoliser les temps ou les espaces
  • Le droit de donner son désaccord/le droit d’approuver

Des modes d’ouvertures des espaces temps de séances

  • Sur la base d’un film
  • Sur la base d’un récit de presse
  • Sur la base d’un évènement concernant soi même
  • Sur la base d’un événement concernant un tiers
  • Sur la base d’une scène vue
  • Sur la base d’émotions : colère, indignations, peurs, plaisirs,….

Des modes d’interpellations de l’entourage considérés comme grands témoins

  • Des parents
  • Des conjoints,
  • Des amis(es)
  • Des « victimes »
  • D’infracteurs anciens
  • D’accompagnants anciens
  • De responsables publics ou associatifs

Des modes d’accompagnement du « groupe criminologie »
Des consultations individuelles et non de substitution
Le lien avec les services de Justice

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s