Introduction à l’écriture dédiée ( en cours).

L-M Villerbu, psychologue, Psycho-Criminologie/Victimologie, Cabinet-Psy, SBPCPV

Expertises multiples, interlocuteurs pluriels, institutions et objets institutionnels : Réflexions critiques, éthiques, cliniques et épistémologiques sur l’écriture disciplinaire et ses usages.

Définition : passer de l’entre soi, s’élaborant sur une méthodologie critique, à l’écriture institutionnelle, si nous désignions ainsi une écriture entre collègues d’une même discipline, d’un même courant d’obédience et tendance disciplinaire et le faire part à un tiers institutionnel de propositions conclusions réunies sur la base d’une commande en vue d’une décision.

Pour bien signifier qu’une écriture disciplinaire mise à contribution dans un espace-temps institutionnel est une écriture d’emblée complexe puisque la référence institutionnelle implique l’existence d’une décision à prendre (une sortie de l’espace disciplinaire et uni professionnel), laquelle ne se réduit pas à un entre soi entre pairs. Ce qui fait et fera décision est un implément dans le système clos des territoires.

Une écriture dédiée est le produit d’une implémentation par opposition à la complémentation ; elle concourt à une décision hors territoire mais non hors sol. Passage d’un territoire professionnel, disciplinaire à un territoire d’institutions référentielles.1 Nous développerons plus loin cette différence entre territoire et hors sol, à propos des discussions sur la référence « clinique », son histoire, son objet, ses appropriations abusives2.

Une écriture hors sol ? typique de ces formations universitaires se parant d’un champ d’expérimentation sans en avoir l’expérience et qui par exemple, faisant de la criminologie/ victimologie un espace d’expérience méthodologique des courants sociologique psycho sociologiques, psychologiques, psychanalytiques… sont incapable de désigner l’objet de leur travail, sinon de manière accusatrice ( une imposture) , sans concept et donc sans objet autre que celui que leur lègue une politique disciplinaire constituée en territoires idéologiques (complémentation) : sociologie criminelle, psychologie criminelle, psychiatrie criminelle, psychologie/sociologie et criminologie, victimologie, sciences criminelles, etc.

Prenons nombre de productions titrés à l‘université, constitués d’ajouts de complément sans qu’ en soit envisagée la posture tant scientifique que professionnelle des futurs acteurs, parce que enseignement que l’on dira hors sol.

Exemples :

  1. Espaces pénitentiaires. Education-Intégration-Réintégration-Répression, etc… Et concepts dédiés tel que dangerosité, etc…
  2. Espaces éducatifs, intervenants socio éducatifs, dispositifs et mesures socio-éducatives, sous injonctions judicaires, départementales, etc. concepts dédiés tels que aliénation parentale, conjugopathie, médiations familiales, conseillers conjugaux, coaches, etc. l’intérêt de l’enfant, les droits du parent, etc…

1.Savoir dire et savoir-faire dans la communication institutionnelle des évaluations bi-nomales en milieu pénitentiaire dédié aux TIS

On entendra par écriture dédiée tout rapport fait à la demande d’un tiers ordonnateur. Celui attendant de celle-ci des orientations à visée compréhensive et de traitement. De fait cette écriture doit contenir un principe d’action dépendante de l’institution référente.

Une écriture dédiée ne se présente donc pas de la même manière si l’institution référente est pénitentiaire ou de santé publique, expertale et sollicitée par un magistrat ou faite à la demande de pairs. A confondre ces écritures le résultat en est souvent une anatomie en termes de troubles de la personnalité ou d’incidents tenant aux parcours, aléas et trajets existentiels. La production bioscopique perd sa perspective sérielle pour s’en tenir à un traitement anamnestique.

L’écriture binomale inventée par l’institution pour l’orientation des personnes soupçonnées de radicalisation, ou définies comme telles dans un fait d’associations de malfaiteurs, a longtemps cherché sa singularité et son annonce ; non seulement parce que le binôme s’inventait mais aussi parce que, de la recherche d’une évaluation de la dangerosité, se laissait entendre sous forme négative, l’intérêt à porter à la personne de ces dits radicalisés. Et cela, désignant de façon formelle, l’analyse des motivations à changer de registre existentiel pour chacune d’entre elles.

Comment dès lors énoncer un résultat d’analyse à ces radicalisés ou supposés tels quand dans le même temps, un certain accord est recherché en vue de proposer ou de continuer une analyse vers le changement. Mettre en confiance, présupposé de toute continuité relationnelle en vient à faire problème.

Cela se double de l’autre partenaire institutionnel qu’est ce qui fait hiérarchie, ou autres collègues extérieurs au binôme. Garder une fiabilité, comment la construire…comment se faire comprendre, avec quels mots et quels usages…comment se garder d’interprétations abusives…comment se faire entendre, faire entendre d’autres nuances…quand tout un chacun sait, est persuadé, convaincu que l’AUTRE est à l’affut ou en alerte sur toute problématique de dangerosité, a priori et surtout.

Ce sont tous ces problèmes qui ont fait l’objet de demandes de formation à l’écriture, ave l’ambigüité que cela suppose, d’un côté comment mieux dire mes évaluations et recommandations, avec une langue propre, celle de l’écriture dédiée.

Faute de comprendre cette écriture les améliorations n’aboutissent qu’à des performances morales déplacées. Une autre langue est nécessaire, une sortie des usages appris hors sol ou hors institution judiciaire/pénitentiaire.

D’où des préalables à toute demande de formation sur les Récits de Vie à finalité évaluative spécifique.

Questions en vrac, communes .Comment donner une réponse qui ne risque pas de couper le lien avec la PPSMJ, qui n’entre pas en contradiction ouverte avec les usages du donneur d’ordre et ses agents pénitentiaires ? Comment ne pas mésuser des termes comme lisses ? etc … Comment ne pas donner prises à des interprétations négatives ?

1.1Problème

1.1.A La demande institutionnelle

Sur une problématique de dangerosité, visant à la fois ce qui tiendrait à une dangerosité psychiatrique (aliénation, perte de son libre arbitre) et criminologique (compétences à vivre ensemble, ) proposer des éléments d’une conduite à tenir, intégrés dans d’autres types d’évaluations institutionnelles.

La perspective s’écrit de fait dans un objet complexe impliquant une prescription : Evaluation-Diagnostic-Orientation-Traitement-Retour sur expérience. E-DOTRE

Quatre objets inhérents à cette démarche : 1-un objet (de quoi s’agit-il), 2-la méthodologie (quels protocoles pour y accéder), 3-une écriture prescriptive (rendue commune,) 4-en phase avec une demande telle que comprise par ses agents hiérarchiques qui ont eux-mêmes leurs propres enjeux.

1.1.B Propositions institutionnelles et ce qui s’ensuit.

Un dispositif, le groupe BN dans une visée totalisante, impliquant les rapports à l’autre et à soi-même et par rapport aux imputations.

Ce groupe à une visée instrumentale : dédoubler les approches pour en tirer une information critique. Cette information se tient dans un guide de réponses empruntant un parcours bioscopique, retenant les moments féconds ou fondateurs existentiels, et ce dont ils ont été l’objet.

Une seule écriture, deux acteurs et un entourage : qui répond, à quoi, comment. Comment vont être interprétées les réponses faites, comment leur assurer une réalité critique. Mais aussi comment tenir une argumentation qui ne crée pas de rupture, tant avec la personne examinée qu’avec les autres acteurs de cet examen. Comment assurer une continuité et ce qui se passe quand elle n’est plus possible, ou ne le serait plus. L’écriture se fait politique, elle pouvait ne se vouloir que clinique.

1.1.C cLes demandes de formations sont en général à ceux deux niveaux.

D’un côté, se faire entendre, de l’autre, donner à entendre une « réalité psychique et sociale » dans l’intérêt de la PSMJ, de l’institution, du plus grand nombre.

Sauf à prendre conscience :

  • que le groupe BN a sa propre hétérogénéité contre-productive,
  • que les méthodes ou protocoles de l’un et de l’autre ne sont d’emblée, adaptés.

2.Méthodologie de réponses aux demandes de monter en compétences sur l’évaluation et la réponse finale.

2.1 Protocole de formation

Deux réponses possibles : deux problèmes selon la définition de l’objet en cause. Soit que l‘on considère que l’objet existant de chaque corps professionnel reste le même dans des situations différentes d’exercices, soit que l’on considère qu’il faille le refonder. Un des symptômes cette situation a surtout été parlé du côté des psys : interdit leur serait fait d’avoir une quelconque visée thérapeutique. Ce qui dans le milieu actuel apparait comme une aberration professionnelle tant la fonction psy- se confondrait avec la dimension thérapeutique, comme dans le passé cette même fonction se confondait avec la valise de tests.

2.1.A Partir d’un existant et concevoir comment le perfectionner.

-Dans ce sens l’effort consiste à tenter de mieux s’expliquer, se commenter, en ne tenant pas compte, en pouvant pas tenir compte de cet autre demande dans laquelle se trouvent investies des méthodologies conçues pour un autre travail. S’adapter est alors produire de l’auto défense, dans une sensibilité accrue aux intrusions, et des mesures de renforcement des limites.

Dans cet axe de travail les demandeurs ont une représentation a priori de ce qu’il convient de faire pour aller mieux ;un cadre est défini et ils peuvent alors penser qu’il ne leur manque que l’exercice peaufiné de la bonne réponse.

-Statut du groupe binomal. La formation binomale en milieu pénitentiaire est l’objet d’enjeux variés, tant sur le plan statutaire que sur celui de ses productions et de leur usages. Relations impliquant rivalité, autorité discrétionnaire, poste de plus ou moins grands pouvoirs, etc. Un exercice diplomatique vient renforcer les demandes de formation.

-Erreur de management. Ne pas concevoir les changements exigés par un nouvel objet.

2.1.B Concevoir à partir du problème une méthodologie et un autre protocole, dit autrement apprendre une autre langue en rapport avec le nouvel objet en cause, dans les conditions où il se pose.

En termes de cohérence professionnelle le groupe BN est l’objet d’une demande de mise en commun de savoirs. Ceux-ci émanent de milieux dont les perspectives professionnelles ont besoin d’être caractérisées, définis sur le plan logistique ou méthodologique certes, mais aussi sur le plan de leur objet ; qu’est-ce qui différencie l’objet professionnel de l’un et de l’autre (psy-éducatif) et qui devra être mis en commune dans une perspective institutionnelle, ici dans une demande sécuritaire, répressive et ré adaptative.

Une écriture binomiale qui implique, rivalité, cohérence, usages professionnels de démonstration et d’exposition, et rend nécessaire de définir les objets de chaque enjeu professionnel existentiel. Protocole et mode de présence professionnelle sont autant d’enjeux identitaires, communautaires qui doivent également faire l’objet d’analyse au sein du projet. Les risques identitaires communautaires seront dès lors plus ou moins sensibles selon chacun des acteurs, si l’on admet que de tels risques sont des replis sur soi, au dépens de l’intérêt que l’on cherche à rendre à rendre commun.

L’expérience montre que ces objets professionnels, identitaires et objectaux sont rarement l’objet d’une analyse critique interne. Le partage des savoirs se fait plus souvent au tire d’un identitarisme communautaire qu’au titre de l’enjeu objectal : l’objet qui spécifie ou caractérise, différencie ne approche psy- et une approche éduc-.

Cette spécificité est d’autant plus difficile à mettre en évidence que les moyens utilisés par les uns et les autres, sont souvent les mêmes (entretiens, observations relationnelles), en milieu clos, alors que l’imaginaire professionnel et la fantasmatique entourant ces professions, font du dehors, le milieu de l’éduc- et du dedans, celui du psy-.

2.1.C Un grand saut à faire. Une langue à apprendre. Apprendre à parler la langue de son interlocuteur. Vulnérabilités psychiques et sociétales. Analyse de la résistance au changement.

  • Ce qui différencie l’analyse TIS des autres types et modes infractionnels. L’enjeu de le référence TIS, tant pour l’institution que pour les porteurs de cette référence.
  • La capacité de débattre
  • La capacité auto représentative critique
  • Les mobilités intra subjectives et interpersonnelles. Passage d’un identitarisme psychopathologique ou déviant, à une analyse axiologique, projet et stratégie. Analyse par contrastes, Economie axiomatique, et Milieux problématiques.
  • Une écriture double, des parcours, des trajets, des moments clés, les mises en acte, les modes de légitimation, les moments de doute.

2.1.D Apprendre à entendre des liens, la sérialité.

Ne pas confondre analyse des pratiques avec une analyse axiomatique par retour d’expériences, ni avec la production axiomatique d’écritures prescriptives institutionnelles. Repérer les signes différenciateurs. À suivre…

3.L’activité binomiale. Invention d’une écriture pluri professionnelle, invention d’une procédure d’évaluation aux marges d’un objet de métier

Ecrits actuels dans le contexte radicalisation, contexte d’évaluation des binômes de soutient. Consulter les écrits MRV. À suivre…

4.Rendre compte.

À suivre…

1 Villerbu L-M, (2020) Introduction générale à l’analyse des pratiques disciplinaires d’un objet complexe, les dites violences conjugales.

16/04/2020 .Site villerbu-crimino.fr

Villerbu L- M (2020) Analyse dé constructive du cadre paritaire de la conjugalité, méthode pathologique. Site villerbu-crimino.fr

Villerbu L-M, Pignol P. (2021) Fidélité et loyauté. Deux « enjeux expertaux essentiels en situation de séparation dans les contextes de violences conjugales. P125-144- in Coum D. Pertes, ruptures et séparations dans les liens familiaux. Eres.

Villerbu L-M, (2021) Théorisation Psycho-Criminologique d’un objet complexe, les violences conjugales. Colloque Pratiques et recherches en Psycho-Criminologie et victimologie : évolutions, innovations, perspectives”. Mai 2021, 17 mai, in site villerbu-crimino.fr

2 Villerbu L-M (1993) Psychologues et thérapeutes. Sciences et techniques cliniques en psychologie. L’Harmattan.

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