Psychologie projective et analyses des accès aux montages inconscients.

Les Implicites De L’expérience Émotionnelle Du Monde

Pr. Loick-M. Villerbu
Rosario- Argentine, 2012

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Postulat : la psychologie projective est un mode d’expérimentation. La clinique psychologique s’est construite au cours du temps, une méthode expérimentale propre. Cette clinique prend sens et se théorise sur les écarts aux normes sociétales-neurologiques-biologiques et idiomatiques. Elle a comme fondement la méthode pathologique et la méthode ethnologique.

De cela se décline quatre corollaires :

La clinique psychologique projective est une clinique reposant sur l’analyse des rapports aux malentendus. Ce sont ces malentendus qui ont été approchés de façon opérationnelle sur le registre de l’ambigüité ou encore « d’un vide à remplir » supposant un matériel amorphe. La thèse ici défendue est que tout matériel projectif est structuré et structurant.

toute clinique s’élabore sur triple contrainte (sans quoi on ne peut parler de clinique mais d’une approche empirique : elle est holistique ( la démarche tend à la totalisation et doit y résister), elle est conflictuelle ( ce qui est prescrit est du conflit quelque soit le lieu où il se situe),elle est calcul ( que celui-ci soit appuyé ou non par des statistiques, elle se tient toujours dans un cadre dont les paramètres sont connus sont définis et restreints. Exemple, lu dans la presse : « il s’en prend violemment la maitresse de son fils ». La compréhension interprétation tient aux paramètres de la situation : l’enfant a 9 ans et la maitresse est son institutrice, etc. Bien des compréhensions interprétations seraient autres si le fils avait 20 ans et que lui même entretienne des relations à l’amante de son enfant.

On doit donc distinguer : la pratique de la théorie (dont la visée est scientifique) de la théorie de la pratique (dont la visée est compréhensive). Les cliniciens psychologues, professionnels du soin se trouvent dans le registre de la compréhension (dite interprétation) ; la compréhension n’a pas de visée scientifique ; elle entre dans un système axio-nomique de changement personnel non aléatoire. – Pour autant on ne peut pas considérer qu’il s’agisse dune psychologie appliquée, d’une clinique appliquée puisqu’ll doit être fait mention de la problématique transfert/contra transfert. Le risque de cette protension (théorie de la pratique) est de ne rechercher que des éléments de type convergent et auto légitimant.

Les méthodes projectives sont à concevoir sous un triple rapport : épreuves (témoignages idiomatiques), méthodes (élaborées sur une théorie de l’expérience), tests (de validité de la théorisation).

I- Histoire de méthodes en clinique, dans l’accès à la découverte des processus psychiques.

1- Une double différenciation

avec d’autres types d’épreuves. Dans le rapport à l’intelligence comme (l’une des fonctions dont la performance peut être calculée(le quotient d’âge mental puis le quotient intellectuel par la sortie de la notion non scientifique de l’arriération mentale). Dans le rapport aux capacités oniriques, vigiles, de régression par contraste à la fonction « imagination » (notion non scientifique). Les épreuves projectives se sont progressivement différenciées des épreuves psychométriques par l’offre faite de tirer profit d’une certaine liberté (parfois exprimée sous la contrainte, la première réponse qui vient à l’esprit)

– quant aux contenus des réponses à faire d’une part (supposant une certaine capacité de flexibilité psychologique)

– quant à la manière de répondre d’autre part (supposant une certaine intelligence de ce qui est attendu).

En caricaturant l’on pourrait dire que si dans les secondes on s’attend, par exemple( et c’est une bonne réponse que 1 plus 1 fasse deux), dans les premières un tel résultat serait considérer comme une absence d’engagement-participation et l’on verrait d’un autre regard( projectif)que 1 plus 1 puisse donne lieu à tous les possibles : tant dans le fait de subvertir le plus en une série de plus( plus un plus un plus un) que de proposer de les prendre comme des graphes a priori sans rapport avec des nombres dont hors tout calcul…

entre elles- mêmes : et c’est le travail formalisé par Frank reprenant un concept lancé par Morowitz et Morphy dans la classification de ce qui devenir « des méthodes projectives », participant de fait à un profond remaniement des fondations de l’objet « personnalité » et de son analyse en usant de la métaphore positiviste des rayons X. « il s’agit toujours d’utiliser une démarche spectroscopique et de méthodes de diffraction ».

La morphologie de réponses obtenues du fait des consignes (le matériel et l’injonction) renvoie à aux éléments structuraux par lesquels « de » la personnalité »( toujours conçue comme écart à…) se donne à voir dans ses modes d’appropriation et de confrontation. Ce qui est donné à voir ou a entendre est l’expression d’un appareil dynamique » la personnalité ». Concept qu’il va alors falloir refondre.

A un matériel « amorphe » (type pate à modeler, peinture…ILFF) le sujet impose une structure en donnant une réponse constitutive ; à une situation dont lui est donnée une représentation (type TAT) il offre une réponse interprétative ; quand la situation( type psychodrame) exige de jouer avec l’ émotionnel il donne à voir une réponse cathartique ; quand il lui faut fabriquer avec du matériel divers et disparate ou hétéroclite(type Village, Monde…) il met en place une réponse constructrice dans les organisations qu’il se donne à voir ; alors que le fait de lui demander de reproduire, en attendant les distorsion inévitables pour étudier le sens des distorsions, graphiques, gestuelles, etc.,…, lui permet de donner ses capacités réfractives. Les processus de construction, constitution, interprétation, de catharsis, réfractives seront dit-il, selon des seuils plus ou moins élevés toujours présents mais électivement. La personnalité est ces réponses ! i.e. dans la capacité à les actualiser.

Le monde se pense dès lors que le sujet se livre (autant qu’il le peut) à la pensée ( ce dont personne ne peut s’exclure sauf à travailler contre- la négation- ou à mourir). Le monde pense à travers et par ses propres constituants. Ses constituants sont les processus décrits.

avant que ne s’amorce une autre orientation qui rapprochera les techniques non projectives/ techniques projectives(Rapaport) pour percevoir dans les premières des traces de processus émergents susceptibles de dire quelque chose sur le fonctionnement psychique( ce qui rendra familier bien plus tard, par exemple, les travaux de Stella Baruk sur une analyse projective des échecs au raisonnement mathématique) et dans les secondes un aspect performantiel propre aux capacités cognitives ( les références à la notion de Débilité dans l’ILFF de Rorschach par exemple).

II- Des expériences dans le temps. Construction empirique heuristique. deux modes opérationnels de construction .Trois étapes d’une standardisation

1- Les Modes opérationnels

1-1 – deux modes opérationnels de construction formalisés autour la référence à l’ambigüité ( de sens/vérité, objectivité subjectivité)

Aucun des dispositifs fondateurs que nous connaissons n’a fait l’objet d’une démarche que l’on pourrait qualifier d’hypothético-déductive; nous ne disposons pas d’argumentaire systématique concernant leur construction originelle. Le modèle est empirique. Différentes interprétations ont été proposées sur leurs capacités à susciter un matériel psychique. Parmi celles-ci l’hypothèse d’une plasticité ou vacuité des épreuves projectives1: elles seraient en elles-mêmes vides et il s’agirait de les remplir (de formes et contenus psychiques). La difficulté d’une telle explication réside dans la possibilité même qu’un dispositif ne puisse pas être, dès qu’il se propose, un mode d’analyse en soi, i.e. ni vide ni plein mais objet d’un processus d’appropriation subjective qui se fera en excès ou en carence, le faisant paraître tantôt vide tantôt plein selon des direction non aléatoires, prédéterminées par l’inconscient lui même.

Les psychologues projectifs font plus généralement référence à la nature ambiguë du matériel projectif. On ne dit pas assez que les épreuves projectives se sont construites, parfois à leur insu sur une autre référence structurale dont on trouve trace autant chez Freud que chez T. Ribot, à savoir que la pathologie informe l’observateur attentif et théoricien sur la façon dont un système fonctionne. Un état sain ne dit rien de son mode de fonctionnement. Bien plus que l’ambiguïté dont on dit qu’elle est constitutive des méthodes projectives nous sommes conviés à entendre que le dispositif projectif se construit sur une prescription de désordre ( D. Lagache évoquait l’angoisse et le signal d’alerte qu’elle constitue), analogiquement à la maladie qui informe sur le fonctionnement d’un système par la désorganisation qu’elle crée. Que ce désordre fasse ambiguïté, malentendu etc.… par incapacité première à décider, ce n’est jamais que la traduction de ce principe dans un registre perceptif, pulsionnel, sociologique…

Ces dispositifs se sont empiriquement et méthodologiquement élaborés sur deux versants symétriquement constitutifs et que l’on a identifié comme étant celui de :

a distance/proximité projective du contenu propositionnel et instrumental : familiarité sociologique avec les situations évoquant des complexes inconscients ou/et sociétaux

la non structuration du matériel projectif.2. formule insatisfaisant pou dire que la proposition instrumentale, renforcée par les consignes, offraient soit une dissociation figure/fond, soit brouillage de représentativités( par la confusion de genre, la confusion de formes, l’indistinction figure/fond.

Restait à savoir ce qui faisait objet ( en tant que relation d’objets) dans une formule projective ainsi construite. Il y a à la fois un registre de visibilité sociologique (ce qui est interrogé dans une représentation de monde) et un registre de construction structurale (les éléments d’un système ou d’un appareil, l’inconscient)

1-2- Quatre étapes dans la construction des consignes projectives : un jeu implicite dans la variété des consignes.

On peut reconnaître dans l’espace projectif classique quatre formes injonctives propres3, qui avec le recul ne sont pas que de simples variations liées à des modes instrumentaux.

Quatre types de consignes aux effets attendus :

une consigne globale sur laquelle il n’y aura pas de commentaires et qui ne sera pas répétée « dites ce que vous voyez.. ». C’est celle de l’ILFF de Rorschach ou du TAT.,

une consigne analytique quand la découverte du matériel est nécessaire à sa saisie, par exemple dans l’épreuve du Village Imaginaire de R. Mucchielli ou du MAPS : prendre d’abord connaissance, par tri, du matériel mis à disposition.

une consigne de choix quand un type de matériel se trouve préorganisé dans des réponses choisies a priori, dans des identifications privilégiées, Une liste de réponse est proposée et le sujet choisit parmi celles-ci celles qui seraient les plus proches de ce qu’il dirait ou les plus éloignées. On connaît des variantes de l’épreuve de Rorschach ( Rorschach-Eysenck) ou encore du test de frustration de S. Rosenzweig.

une consigne qui au sens littéral signifie un forçage des limites, test des limites « forcing the limits » (autre chose que le test des limites du test4 dans un usage de recherches psychopathologiques) offrant un type ou un mode de conflit avec, ou non, sa visibilité sociologique de telle manière que le patient puisse s’y situer. Dit autrement, c’est l’analyse des impasses engendrées par le narrateur, le constructeur lui-même et leur mise au travail. C’est dans les travaux de E Sneidman que nous trouvons les premières références sensibles d’une telle approche. Psychologue nord-américain, il est surtout connu pour être le créateur d’une méthode projective particulièrement originale, le Make-A-Picture-Story test ou MAPS (1947). Outre sa forme de théâtre miniature, son épreuve a pour caractéristique principale, à la différence essentielle du TAT, de présenter de façon dissociée décors et personnages. Un jeu de 67 figurines prédécoupées (identifiées par le genre et la posture) et de 22 décors constitue la base du matériel MAPS. Avant toute élaboration narrative les sujets ont à construire les scènes qui serviront de support à leurs récits( consigne analytique). Sa procédure dite de « forçage des limites » est sans équivalent dans le champ projectif. C’est selon les cas un quatrième moment (construction d’une scène, récit, titrage de la scène racontée) de la passation standardisée de l’épreuve dans son usage diagnostique. Suite à une série prédéterminée de décors que le sujet doit peupler de personnages choisis par lui, puis d’un ou deux décors choisis par le sujet lui-même et devant être également peuplés avant de raconter une histoire (consigne analytique), Shneidman proposait, in extenso( Manuel de 19525) :

Une variante dans l’administration habituelle peut être employée lorsque l’examinateur est particulièrement intéressé par les problèmes du sujet, ou ses défenses, vis à vis de sphères spécifiques comme la sexualité ou l’agressivité. Cette technique peut être appelée « forçage des limites » et est réalisée après la totalité de la passation ordinaire du test. Cela consiste pour 6l’examinateur à donner au sujet un décor particulier (qui peut déjà avoir été donné lors de la passation usuelle) ainsi qu’une sélection de quelques figurines et de lui demander d’inventer une histoire avec celles-ci. Par exemple, pour forcer les limites vis à vis de la sexualité (Lewis, 1951) le décor « Chambre à coucher » peut être donné avec les figurines M1 et F1 seulement (un homme et une femme nus). Pour forcer les limites vis à vis de l’agressivité (Walker, 1951) le décor « Rue » avec les figurines M6, M7, N5 (homme avec un revolver, homme allongé taché de sang, homme avec un couteau)peuvent être utilisés. Le but est d’observer ce qui se produit quand le sujet est plus ou moins contraint de faire avec certains types de contenus qu’il avait évités. Evidemment cette procédure ne saurait être fréquemment utilisée et ce sans grande prudence. Son emploi le plus légitime est sans doute à situer dans le cadre expérimental ». C’est cela que nous allons développer à travers la notion « d’impasse aux limites », impasse aux systèmes défensifs qui ont enfermé le conflit inaugural dans une série de biais et de recouvrements.

1-3 : trois étapes en parallèle des inventions précédentes : des procédures qui cherchent des processus

Etape 1 : un emprunt aux méthodes expérimentales en psychologie scientifiques et ailleurs.

La standardisation des méthodes projectives : dans le mouvement général des méthodes expérimentales et de l’accès reconnus au savoir à visée scientifique ; s’assure des conditions par lesquels s’obtient un matériel significatif, pertinent (quant à l’objet visé) et validant( quand aux résultats que l’on obtient.

Etape 2 : un emprunt aux analyses sémantiques structurales linguistiques

une standardisation implicite et structurelle et fondamentale qui se traduit par la logique active des modes de présentation ; la découverte de l’implicite du matériel défini comme projectif. Il y a dans la succession des planches à l’ILFF un jeu discriminant des formes ou gestalts, non aléatoire, même si rien n’atteste que ce fut clairement élaboré. La succession de planches établit une véritable « respiration, joue de séries séquentielles d’ambiances ». Le rang des planches dans les épreuves thématiques, le contenu iconique (des situations quotidiennes, des assemblages de personnages et la succession des thèmes, etc). Les planches comme les séries de demandes dans tout dispositif projectif opèrent à l’insu tant du créateur- très souvent que du sujet( le plus souvent) : un pré-construit ne peut pas être ignoré, fait de séries( continuité) et de séquences(discontinuités)

Etape 3 : un emprunt aux procédures d’une cure thérapeutique, psychanalytique ou non : deux modes

a- Le diagnostic de situation. Le standard est le cadre d’expérience réduit à ses éléments les plus simples sans préoccupation ou soucis a priori : le choix des éléments comme le choix des assemblages est rendu possible. La consigne ne suppose ni rang, ni usage a priori. Le matériel projectif est proposé et la consigne n’inclut ni contrainte de choix, de composition. L’oralité reste requise en dernier lieu dans la logique du commentaire sur la réalisation. L’objectif est de laisser ouvert un état des conflits psychiques en présence, et de leur mode d’aménagement.

b-L’expérience comme auto expérience anticipatrice. Le standard définit plus la situation que l’usage instrumental. Mode construction de l’expérience : l’impasse aux limites ou guidance projective.

b-1- La guidance projective n’est pas une procédure sans filiation. Elle suppose certaines conditions et ces conditions ont été souvent des moments de subversion de l’usage de dispositifs projectifs :

La guidance projective renvoie au rejeu de ce qui fait impasse, dans une construction transférentielle particulière. Elle suppose que le psychologue ait déjà un savoir d’expérience à propos de la personne en question, un savoir qui se dise dans la médiation projective qui va être le support permanent de la guidance.

L’offre réitérée d’une même médiation projective devient un exutoire, un peu comme avec la technique, à ses débuts, du Rêve Eveillé Dirigé7 où thérapeute et patient sont accrochés à la réitération du rêve éveillé en l’anticipant..

Lorsque l’on évoquait les thérapies par les tests projectifs, tel Wellish en 1949 usant du Rorschach, D. Anzieu8 remarquait ce « procédé curieux qui après l’administration normale du Rorschach demande au sujet de dessiner chacune des choses qu’il a vues dans les planches, avec celles-ci comme modèles, puis de mémoire en enfin en complétant librement son dessin. Ce nouveau rorschach graphique qui au-delà de l’immersion suppose un dépliement permanent de ce que serait censé contenir les fantaisies de départ, dure des semaines ou des mois et devient une psychothérapie ».Il existe bien d’autres exemples également avec le TAT et les épreuves apparentées. En France Y. Denis a développé une méthode thérapeutique par la réitération du Village imaginaire. On trouvera chez Monika Boekholt9 à propos du Scéno-test et de l’espace qu’il propose des considérations semblables, bien qu’exposées différemment. La guidance projective implique la reconnaissance des impasses subjectives élaborées par le patient lui même dans son activité de réalisation, de faire ou dire

b-2- Ce n’est pas non plus une procédure sans théorisation. La guidance projective repose sur l’hypothèse d’une modélisation psychique qui s’est construite dans une défense à (un objet psychique désorganisateur), une défense de (se rendre présent aux effets désorganisateurs) …et a donné lieu à une néo-réalité psychique, une construction écran.

Pour lever celle-ci une explication par la procédure de catharsis a souvent été mise en avant, i.e. à un processus entraînant dans un même temps émotion, représentation et rappel d’une situation oubliée figée ou condensée dans un hors histoire.

III- Les objets de la psychologie projective.

A quels objets se confronte le sujet lors d’une passation projective ? : Une expérience anthropologique avant d’être une expérience réduite à des finalités théoriques constructivistes (Ex. : type psychanalytique, égo psychologie, psychobiologie, etc.

Complexes, identifications fantasmes etc. ne sont que des épistémès partielles et provisoires qui ne disent rien de ce qui est l’expérience première du monde : de son origine d’une part ( ENIGME) de ses compositions d’autre part(INTRIGUE). Les dispositifs projectifs reposent sur deux questions : « ontologiques » : d’où je/cela vient, qu’est ce je veux/l’on me veut , et leurs corollaires dès lors qu’une réponse est entreprise ou commencée.

Le dispositif projectif en voulant des réponses à des questions qui ne peuvent trouver de régulation que partielles et partiales engendre une série infinie de conflits inter et intersubjectifs dont les solutions sont négociées dans les réponses empiriques données par les sujets.

Les inventions projectives comme les codes ou grilles d’interprétations retenues et validées, rendues pertinentes et adaptées ne sont que l’expression du mode technique par lequel nous cherchons à dispose d’un atlas ( appareil psychique par exemple) où reposent questions e t réponses.

IV- Les enjeux de le psychologique projective : l’élaboration des processus et des organisations psychiques et psychopathologiques sont à concevoir et se sont conçus progressivement, sur un double versant :

* pour le psychologue, le premier versant rendu apparent. La construction du diagnostic dont les finalités sont doubles. La première est une élaboration en vue d’une orientation (milieu ou environnement spécialisé) ou d’un traitement (cure quellequ’en soit le type). La seconde est un essai plus ou moins systématique d’invalider un aspect théorique en variant les conditions de production.

* pour le sujet à l’occasion de moments féconds. Certaines passations se sont révélées « déclencheuses ou mettant fin à des systèmes d’inhibitions non créatrices et invalidantes ou au contraire certaines passations ont donné lieu à des conduites de « craquage » des défenses psychiques dont le sujet s’est plus ou moins sorti.

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1 Didier Anzieu notait par exemple en « il s’agit de créer quelque chose à partir de rien ou du moins de si peu que c’en est seulement un prétexte »,p2-3, D Anzieu (1960,)les Méthodes projectives. PUF, Paris. Plus particulièrement D. Anzieu et Catherine Chabert (1992) Les méthodes projectives, PUF, Paris. La présentation ne changera pas au cours des nombreuses rééditions.

2 Loick Villerbu, op.cit. Livre I, Introduction à la pensée projective, chapitre I, le modèle empirique d’expérience diagnostique. p.17-64.

3 En ne tenant compte que des consignes qui se disent avec la proposition première du matériel. Il existe bien d’autres consignes après la passation, dans des buts aussi très différents.

4 Pascal Pignol, Loick Villerbu (1990), Forçage des limites et test des limites à l’épreuve de E. Shneidman. Communication LCPPC, Rennes 2. Archives ICSH, Rennes 2.

P. Pignol, LM Villerbu, C Bouchard. : A propos du MAPS d’E.S. Shneidman. Deux perspectives de recherche autonomes : clinique thérapeutique et clinique psychopathologique. Bulletin de Psychologie, mars-juin 1992, Tome XLV, 520-530.

5 E. Shneidman (1952) Manual for the Make A Picture Story Method. Projective Psychology monograph, n. 2, The Society for Projective Techniques and Rorschach Institute. Tr. fr. LM Villerbu, Archives ICSH.

6 Soulignée par nous.

7 Loick Villerbu (1985), Robert Desoille ou l’expérience limite des emprunts métapsychologiques, Espace Libre, Vol.1, No.1

8 Op.cit., p.245.

9 Monika Boekholt (1993) Epreuves thématiques en cliniques infantile. Approche psychanalytique. p.35sq .Dunod, Paris.

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