De l’usage de l’expertise en guidance projective et psychocriminologique.

Un autre regard sur les dits de justice pour un accompagnement psycho-pénal.

Pr. Loick Villerbu, Philippe Génuit Psychologue, Pascal Pignol Psychologue – Institut de Criminologie et Sciences Humaines, Université Rennes 2-France.

Une dimension psycho-criminologique d’une pratique psychologique en milieu contraint: faire un parallèle.

Comme il y a des littératures grises il y a des pratiques grises: celles qui ne disent qu’à peine parce que comprimées par des idéologies thérapeutiques ou d’obédiences dogmatiques.
Il y a des praxis qui n’ont de thérapeutiques que d’appartenir empiriquement à un corps de métier alors qu’elles émargent à une autre dimension de la veille psychologique et qu’elles émergent de l’insuffisance des propositions dites thérapeutiques, i.e. de ce qu’elles soutendent.

Nommer et identifie

L’hypothèse sera ici que nombre de praxis psychologiques ne sont pas identifiées dans la mesure où elles n’ont pas reçues de formalisation ou de conceptualisation, ou encore parce que, ce par quoi elles s’offrent se révèle transgressif par rapport à des pratiques dominantes et rabaissantes.

Demander autrement

Il y a des usages latéraux des dires expertaux que ce soit parce que le « détenu » en demande un explication quelques soient les raisons qu’il donne.
Soit parce que l’accompagnant devient sensible à ce qui a été dit d’un tel ou d’un tel par un tel ou un autre… cela constituant un mode d’approche comme un autre des problématiques personnelles.
Ce que serait une épreuve projective ou l’analyse d’un rêve ou d’une série de rêves.

Les dits de justice

Tout ce qui de près ou de loin renvoie à un dire expertal et à un écrit sur une personne mise en demeure de répondre des actes posés et définis comme infractionnels ou délictuels.
Parmi ces dires expertaux ceux qui plus particulièrement projette des esquisses sur des profils dits de personnalité.

Du temps à l’oeuvre

L’espace contient et comprime du temps Le temps judiciaire et le temps psychique
Il y a un temps du calendrier et dans ce temps, ce qui va faire durée de peine plus ou moins négociable: un contrat implicite dans un processus de consentement.
Il y a un temps qui échappe au calendrier et dont la durée ne se donne ou ne dévoile que dans des événements et leur articulation. Des intervalles d’événements qui sont en attente de révélation de ce qui manque dans une histoire, un temps inhibé hors du temps commun et qui se formule en assentiment.

Des temps pour des ouvrages différents : des temporalités parallèles

Le temps du contrat: S’offre dans un ensemble systémique d’ attentes et de réponses qui pour l’essentiel ont comme objet l’environnement et soi dans des environnements
Du temps dans un espace contraint : si l’espace contient du temps, si chaque mot est un monde et chaque dit une esquisse de celui-ci, il contient dans ses interstices des temps oubliés,omis, insensés retranchés,inhibés… les temps d’une histoire qui aurait pu être autre.

Un expertise pour une vie…Un cheval !

Mon royaume pour un cheval, ( Richard III, Shakespeare, Bataille de Bosworth)
Les dits expertaux sur la personnalité comme sur la structure mentale ou lapersonnalité ont une durée de vie très variée:
Cette durée de vie dépend de l’usage qui va en être faite auprès de celui qui est en l’objet.
Dans des temps différents d’un calendrier: présentenciel, intra-sentenciel, post-sentenciel, intra-pénitentiaire…

Une expertise pour construire du conflit en vue d’une décision

Ces dits saisis dans l’appareil de justice n’ont de sens qu’ à concourir à engendrer de la contradiction, contradiction d’intérêts certes… mais au-delà : contradiction essentielle dans la mise en demeure de rendre compte de la stigmatisation jouée par le rite judiciaire.

Discours sur… et discours pour…Retourner une proposition

Et si ce qui comptait dans un travail psychopénal était moins le dire tel qu’il est susceptible d’être apprésenté au travers un manuel de psychologie ou de psychiatrie, s’il concernait moins ce que dit la science que ce que raconte en creux un narrateur : son intuition d’un monde personnel en formation, l’analyse d’une ambiance ou d’un climat qui emprunte pour être raconté aux développement des sciences et à la rhétorique qu’il utilise pour se faire comprendre? Et plus loin et plus contemporain…
Être un danger pour soi en danger de soimême et ou pour un autre : aux risques et au péril de la vie des autres. Construire un espace de travail et de transfert pour un accompagnement psycho-pénal
Ces dits expertaux sont analogues aux restes diurnes des activités oniriques autant que dans le rêve lui même tel qu’il se raconte.
Ils peuvent être saisis dans une approche scientifique et… ils peuvent faire l’objet d’un dessaisissement dans un approche attentive à ce qu’ils mettent au travail dans l’impact qu’ils ont sur la personne du « détenu », « du condamné » ou du « libéré », sa présence à lui même et aux autres.

D’un espace à l’autre

S’il est clair qu’un dire expertal n’est pas un rêve c’est dans tous les cas une construction faite par un tiers sur la personne et son histoire et il renvoie à cette autre proposition: de qui suis-je le rêve de qui ne sait qu’il rêve (E. Clancier)
Ou encore que celui qui est objet d’expertise est dans le rêve de celui qui la produit, enchâssé dans un savoir, un utopie, une éthique, une déontologie.

Vous avez dit rêve?

Pour dire qu’il est dans l’ensemble des savoirs requis pour l’interpréter d’une part
Mais également dans la sensibilité qui le fait être en formule.
Et comme toute élaboration secondaire il est le lieu et l’objet de rationalités superposées dont aucune ne vaut pour elle-même… mais toutes valent pour la relativité qu’elles supposent.

Le rêve et l’expertise en psychocriminologie

Un rêve comme une expertise raconte, et l’un et autre ont cette originalité de nous tomber dessus en nous précipitant hors du plus familier ou dans le plus grand des familiers.
Pas plus que la vérité du rêve ne peut se satisfaire de désigner le sujet du rêve, l’expertise ne peut désigner le sujet qui a produit l’infraction Ludwig Binswanger, Le Rêve et l’existence « pouvons-nous saisir réellement et façon tangible le sujet du rêve ou seulement le sujet qui rêve?
Croire en la première proposition « c’est oublier que l’homme en vérité fait rouler son char ou bon lui semble mais que sous les roues de celui-ci tourne invisible la sphère qu’il parcourt »
Et lorsqu’il poursuit: «Cela est aussi valable pour la conception pure et scientifique et génétique du rêve que, surtout pour le jugement éthique à son égard et pour le problème de la justification morale du rêve » « le sujet n’est pas du tout celui qui fait le rêve mais celui à qui le rêve se présente, sans qu’il sache comment ».
L. Binswanger, suite….
« l’homme vigile jaillit du rêveur au moment insondable où il décide, non seulement de vouloir connaître ce qui lui arrive mais aussi d’intervenir « lui même » dans la marche de l’évènement, d’introduire dans la vie qui s’élève et tombe, la continuité et la conséquence » « A ce moment là seulement il fait quelque chose… l ‘homme rêvant est une vie biologique tandis que tandis que l’homme vigile « fait » une vie historique » L’expertise, des choses à dire mais….
Et pour cela une construction qui en récapitulant une bio-graphie, en la rapportant chronologiquement à des dates de changements personnels et sociaux social à des accidents historiques
Pour en donner à voir une bioscopie N’a de sens qu’à décider formes d’engendrement d’une part, des instances de décisions subjectives d’autre part, Pour n’en pas se laisser berner ou compter et rechercher ce qui fait précipitation d’un acte dans un trajet et ou sa perpétuation. « Ce n’est pas une forme particulière qui frappe nos sens, cette forme est accessoire, la réponse sera donnée par un moment quelconque qui puisse servir de sujet au moment structural particulier »

Un travail psy.

Certes, l’exploration des dimensions territorialisant l’expérience de la naissance à aujourd’hui,
Certes l’émergence des moments de rupture, de séparation,de délaissement, de chutes
Mais surtout et dans le corps de ces textes écrits sur soi, par soi Un travail de déliaison, un travail mettant en scène et en jeu la confusion, non des identités mais des frontières de la veille et du sommeil, Par exemple quand nous parlons: délire à deux, syndrome d’accommodation,addiction à,emprise et collusion, pacte dénégatif, déni d’altérité, identification à l’agresseur, différenciation, indifférenciation c’est d’abord et avant tout instrumentation théorique et technique de la confusion dont il s’agit.
Quand nous parlons résilience et résonance pour instruire de le causalité… c’est d’abord d’un couple d’opposés que nous mettons en scène…
Au delà de la psychologie et de la psychiatrie dites scientifiques
Les formes bios-copiques laissent entendre des modes de présence… et leurs références…Comme les formes expertales laissent entendre des jugements décalés…
Toutes les deux évoquent à la fois de l’encommun et des effets de l’en-commun comme expérience partagée du temps des espaces et des relations.. et supposent normes valeurs et convention, tant leur apprentissage cognitif que leur reconnaissance
Et des effets de parole comme subjectivation de la relation de soi à soi par le biais du décalage d’expérience
Citons encore L. Binswanger, Le Rêve et l’existence. p.206,: « Le thème que se donne la présence dans le sommeil donc le continu du drame, représente l’élément important et décisif, quant à la distribution des rôles elle n’est en comparaison que fortuite et accessoire ».
Sans arrêt, sur le métier, remettez votre ouvrage… Si le plan de lecture d’une expertise se donne en chronologies, histoires pluridimensionnelles, avant pendant et après… c’est l’insistance avec laquelle se composent les formes de présences et les axiomes de référence qui exigent d’être interpellée….
Là où de l’existence se re-connaîtra et se retrouvera dans ces changements qui reviennent aux mêmes que…ces choses qui étaient là et méconnues dans leur tension et proximité, dans leur élévation ou leur chute… Tout éprouvé qui, se faisant chair, prend corps évanescent…
Sur les modèles de la tumescence/détumescence du visuel et du sonore de l’agitation et du chaos du chaud et du froid de la symétrie et d’éparpillement de la déflagration et de l’implosion….. Dans un rapport esthésique esthétique essentiel, configural….. Où se combine l’expérience des sens

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