Pourquoi une Société ?

Le 12 mai 2016

Q. ; Vous avez décidé de fonder une société Bretonne de Psycho-Criminologie et Psycho-victimologie, pourquoi ? Quels motifs pour une telle fondation ?

LMV : Pourquoi une autre association de professionnels et de scientifiques ? Et surtout dans l’espace criminologique contemporain et surtout français  et encore plus universitaire?

Q. : Oui, qu’est-ce qui vous a déterminé ?

LMV. : dans cette histoire nous sommes plusieurs, co acteurs des avancées scientifiques et professionnelles dans le développement rennais et international, de la spécialité psycho-criminologie. Les raisons sont diverses. Autant professionnelles que scientifiques. Professionnelles, les psychologues, psycho-criminologues formés à Rennes 2 depuis 1999, ont à plusieurs reprises manifesté le souci d’être informé au plus près des activités et formations, représentations liées à leur parcours de spécialistes. Pour un grand nombre ils travaillent dans un secteur en voie d’aménagement politique et professionnel ou dans le réaménagement de secteurs dont les pratiques antérieures ne s’avèrent pas pertinentes.

On connait les psychologues de la santé, de l’éducation nationale, les psychologues de la protection judiciaire de la jeunesse… ceux qui exercent près de l’Administrations pénitentiaire n’ont pas de corps constitués et leur statut de contractuel permanent finit par poser problème.

Le psychologue de la santé n’a pas comme vocation univoque d’être thérapeute au sens de la psychanalyse et notamment quand elle est enseignée à l’université sur le modèle du divan. Le psychologue clinicien travaille dans un espace psychique et sociétal, qualifié institutionnel. Nombre de malentendus et d’erreurs imposées, de parcours naissent de cet oubli. Tout un pan de la psychologie expertale manque, également, de référence au registre psycho-criminologique et psycho-victimologique.

C’est dans cette marge qu’est né le champ psycho-criminologique et son élaboration progressive, systémique, en deux versants dialectiques, agressologique et victimologique, dans les perspectives tant évaluatives que de suivi psychologique, de traitement, de compréhension des pratiques infractionnelles ou criminelles et de changement sous probation ou éducation contrainte.

Q. : Vous laissez entendre qu’il y a faillite des systèmes en place ?

LMV. : C’est, par exemple, la faillite d’actuelles et précédentes Associations ou Sociétés qui a œuvré à cette création pour la diffusion d’une pensée psycho-criminologique sur une base épistémologique. Celle-ci a montré sa pertinence depuis la création, en 1999, d’un DESS puis Master, ayant évolué lui-même au point de reconsidérer la question victimologique dans ces doubles perspectives de politique criminelle et de santé publique. Renonçant ce faisant, à l’œcuménisme bon teint et quelque peu moraliste des formations en vitrine, la Société SBPCPV, parce que régionale, appelle d’autres régions à poser de mêmes fondements et à dialoguer dans des espace-temps géopolitiques et institutionnels. D’une criminologie pot pourri (on a dit qu’on pouvait tout y mettre) et en deçà encore, d’une criminologie officielle, de confort social (quant à l’assurance d’une appartenance à un espace contenant les réputations) et de bonne conscience (dans un formalisme de type, « et l’humain dans tout cela »… c’est tout un programme que propose la SBPCPV.

Q. : y-a-t-il d’autres initiatives en ce genre, en France ?

LMV. : Cette création a sa filiation contemporaine et ses marges : Institut de Victimologie à Pau, LACFP à Reims, des approximations dans la création de Masters de cohabitation dont l’existence demeure incertaine.

Q. : Selon vous qu’est ce qui fait obstacle au développement d’une pensée et d’interventions renouvelées ?

LMV. : L’échec à poser les principes d’une criminologie universitaire est en France une longue histoire, maintes fois décrite. Enjeux moins disciplinaires que de territoires dont témoigne la querelle identitaire initiée par le corps des pénalistes, « sciences criminelles ou criminologie ? ». Mise en querelle observable bien ailleurs et dont on peut tracer les grands traits : vampirisme universitaire et disciplinaire plus que fondation épistémologique, idéologie du paraitre bien plus qu’éthique de la connaissance, formalisme des textes de références bien plus que souci au plus près des problématiques que font remonter les professionnels, clôture scientifique et cannibalisme des « disciplinés » qui néantisent tout pensée marginale, mis en marge de toute pensée susceptible de porter atteinte aux idéalités lisses et destructrices…

L’esprit de gouvernance prime sans nul doute, avec assurance, sur la position épistémologique quand dans un même esprit et ailleurs, cherche à se refonder le politique qui a remplacé le débat par le texte, la communication par la procédure, la décision démocratique par le chantage sécuritaire et la mise en scène médiatique. Une approche ismo-logique, clinique et épistémologique, s’esquisse dans ces méprises contemporaines qui ne profitent qu’à ceux disposant d’une langue de bois ; celle qui exclut l’étranger.

Q. : Quelles sont les voies de garage à votre avis ?

LMV. : Identifions les contre ou les anti-. On y trouve tous les essais trop réussis, de réaffirmation identitaire d’universitaires juristes, politistes, sociologues ou encore psychanalystes, chacun y allant de son –isme, i-e de sa radicalité; chacun le faisant au titre de la vérité du texte, d’une fondation présentée une fois pour toutes et insusceptible de mutations. Espaces de floutage où se confondent doctrines et gouvernances, la bonne pensance idéologique et l’épistémologie.

Q. ; Le savoir critique, clinique politique et épistémologique offert par la Psycho-Criminologie est-il menacé ?

LMV. : A côté des attaques frontales d’autres visent à la disparition des moyens qu’a pu se donner un savoir psycho-criminologique. Temps des infiltrations que connait bien la cité universitaire, comme le démontre bien la déstructuration progressive de la Psycho-Criminologie à Rennes 2 : rapt des postes, stigmatisation des étudiants, contribution à la fermeture de stages, interventions malignes au niveau central des gouvernances, travail de sapes des acquis permis par les soutiens de la ville ou de la région… absence de soutien qui s’en suit dans cette adversité narcissique et qui a fait, ailleurs, ses preuves.

Q. : vous y allez fort !

LMV. : Il faut prendre conscience sans fard, des risques et des malentendus que soutiennent, parfois à leur insu, les régulations universitaires ou leurs absences.

Le risque ? Par assèchement des moyens, une Psycho-Criminologie devenue exsangue, prête à être recomposée, pour disparaitre dans un ensemble d’enjeux d’écoles qui ont montré leur faillite. Je prends toujours exemple de ce qui s’est passé pour l’autisme et les discours idéologiques que l’on connait trop bien, concernant le traitement.

Un autre exemple ? Dans un observatoire de la délinquance, que l’on connait bien ceux qui y viennent à siéger sont les plus opposants à la criminologie dans toutes ses faces. Exemple parmi d’autres des compostions/compromissions qui annulent de façon obsessionnelle les débats. Effet de scientisme que l’on connait bien en ismo-logie.

Tirant profit de la notoriété acquise, une imposture scientifique est en cours, montre toute sa diversité et son ampleur.

Q. : Donc une histoire à suivre ?

LMV. : au jour le jour et donc à bientôt.

Q. : ok boss ! mais on vous appelle aussi prof ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s