Le pénal aujourd’hui – Pérennité ou Mutation.

Lundi 7 septembre 2009

La présentation diffusée lors de la rencontre ICSH-Rennes 2 de Montréal (5-7 décembre 2007).
« Punishment Today – Permanence or Mutation » CICC-EREP Montréal et CIRCEM-Ottawa.
Consulter  Le document.

Vème Rencontre Nationale des Associations d’Accueils de Familles et Proches de Personnes incarcérées.
Bordeaux les 22 et 23 Octobre 2005.
Les liens à l’épreuve de la prison.

Carcéralité. Régulations du lien social. Espaces familiaux.

1. Introduction
2. Un pied au dehors, c’est avec les mots que le monde s’invente
3. Des définitions et des mises en causes
4. Les modifications normatives et subjectives des Cadres pour penser et se promouvoir
5. Le travail auprès des familles
6. La présence des proches et des voisins : une habilitation vitale
7. Conclusions

Introduction

On en voudrait,de la prison, un monde meilleur, et l’on ne peut méconnaître les rapports épidémiologiques alarmant sur l’état de santé1 des populations incarcérées, même s’il faut certainement nuancer et comparer des milieux semblables plus que cette population à la moyenne de la population hors les murs. Le population carcérale est à ce sujet très proche des populations marginales et déviantes aux attaches de peu de consistance. D’autre part et telle est aussi la question, peut-on être qualifié de délinquant sans présenter en m^me temps des troubles de la personnalité ?Ce qui faisait dire à l’un des médecins chefs de SMPR2, le mandat de dépôt n’est-il pas en m^m e temps un certificat médical d’admission , fut-il d’observation ? Nos échelles diagnostiques peuvent ratisser larges mais leur intérêt est de montrer les champ empiriques de difficultés exposées et vécues tout autant que des traits de comportements.

Ou encore, les rapports de l’OIP, le dernier notamment3 doit être loin de nous laisser en bonne conscience : « Tableaux noirs, derrière les barreaux, rapporte Libération. En deux ans la situation carcérale a empiré ». Que cela tienne a un choix politique nous engage tous… m^me si l’on dit que l’on a pas voulu cela. Le m^me journal expose que lors d e l’examen sur le texte d la récidive qui termine son parcours au Sénat il a été proposé un amendement demandant aux chefs d’établissements de favoriser le travail et la formation des détenus, alors que dans les faits «  l’offre de travail s’est réduite de 30 % ces 5 dernières années, le taux de formation n’a jamais été aussi faible depuis 10 ans.. on se vante de vouloir empêcher les sorties sèches, on ne parle plus que de suivi socio-judiciaire et d’obligations de soi quand il manque des soignants, quand les travailleurs sociaux sont débordés ». et quand les fonds aux associations deviennent instables.

Le meilleur côtoie le pire, non sans ambivalence, les idéalisations se jettent dans le mur ? Cela rappelle de premiers pas en psychiatrie dans les années 60 et notamment quand celle-ci sous la pression des psychologues nouvellement formés aux techniques de groupes et d’entretien qui s’inventaient, prenaient en compte les dits alcooliques chroniques et qu’à coté des cures d’apomorphine ou d’esperal se mettaient en place des groupes de paroles, de psycho motricité, d’équitation ou de piscine qui apparaissaient en rapport avec d’autres patients « plus nobles » et qui n’en bénéficiaient pas, comme un luxe, un excès de compassion. Là où nous ne où nous percevions remobilisation des affects sur d’autres choix ou d’autres médias d’expression. Cette compassion stigmatisait aussi les soignants qui s’en faisaient les défenseurs et les excluaient de leur propre groupe de référence professionnels, dérogeant à la norme, ils en faisaient trop et devenaient suspects..

Certains métiers d’autorité et notamment ceux qui engagent du soin ou du soucis auprès d’autrui en position d’être soumis, dominé, contraints sont plus que d’autres engagés dans une épreuve pulsionnelle et le sadisme latent n’est jamais loin en symétrie de l’offre, comme le masochisme de la gratuité d’un service. Où commence l’abus de pouvoir à ne pas vouloir entendre, le laxisme à ne pas vouloir autoriser, où cesse la délégation de pouvoirs à jouer à l’un des trois singes : celui qui ne voit pas, celui n’entend pas, celui qui ne parle pas, aveugle, sourd, muet traversant le monde en se prenant la main ?
Un pied au dehors…. c’est avec les mots que le monde s’invente.

A trop se centrer sur la prison on en vient vite à oublier ce en quoi si les lieux n’ont pas l’air d’avoir changé, l’espace que l’on nomme carcéral est un vrai complexe de sens en pleine modification. La référence carcéral ne vise pas que le lieu ou une population de détenus, il désigne un nouvel objet avec un contexte socio familial, socio professionnel et socio réglementaire. Le terme renvoie moins à un monde interne qu’à une constante dynamique interne/externe.
Chaque mot est un monde, et le mot nous pense ; le mot rit et pleure, il nous emporte, nous ne cessons de courir après les mots qui nous disent, ils en disent toujours beaucoup plus et parfois trop. C’est avec les mots que le monde s’invente, c’est avec eux que la pensée se donne de nouveaux accrochages. Ce qui fait référence à carcéral nous offre bien d’autres représentations que l‘immédiat des termes prison, détenu… C’est avec cette notion qu’il convient d’entendre, même si cela parait parfois paradoxal ,aussi bien les exigences répressives et sécuritaires de tolérance zéro 4actuelles que les essais de réhabilitation citoyenne.

Pourquoi ? deux motifs au moins se dégagent.

Le premier fait référence à ce que nous ne cessons de légiférer, décréter ie d’introduire du droit. Et le droit dans un état de droit est encore ce qui balise au mieux les requêtes, les appels ou les agitations anxieuses et insécuritaires qui s’anticipent toujours avec une grande aisance en jouant sur les peurs ou les craintes de voir disparaître les certitudes de son propre territoire.

C’est sans doute là à travers la juridictionnalisation toujours plus suivie et attendue que nous pouvons mieux concevoir ce qui va nous faire passer d e l’art pénitentiaire, cette gestion d’un rapport étroit détenu-agents de surveillance-administration pénitentiaire aux faveurs discrètes et aux discrédits sans appel vers un certification du sujet de droit, fut-il incarcéré, du sujet psychique fut-il réduit momentanément à ses comportements criminels. Fut-il partie absente d’un groupe familial pour lequel une porte s’ouvre dès lors qu’un texte offre de nouveaux droits pour exercer de nouvelles responsabilités en souffrance. La juridictionnalisation de ses rapports au milieu judiciaire et carcéral transforme le détenu si l’on y regarde bien dans la mesure où il ne peut plus être(seulement) celui à qui est accordé une faveur fut-elle réglementaire, discrétionnaire dans monde clos et reclus mais un citoyen dont on attend qu’il exerce ses droits pour promouvoir sa responsabilité5. Et cela m^me s’il parait en abuser ou en tirer des profits que nous percevrions comme insincères, inéquitables. Dans le registre du droit il n’appartient à personne sauf à sortir des critères formels qui le constitue de prendre une position morale6. Sujet de droit et de requête en augmentation de devoirs certes dans la mesure on il est attendu d e lui dans une contre partie juridique qu’il s’émende et se reconvertisse.

Ne nous y trompons pas les responsabilités ne viennent pas des droits qui ont fait de nous des citoyens a priori. La responsabilité pour s’exercer exige des droits inaliénables. Aucun devoir ne peut s’exercer si aucun droit le vient à la soutenir. Qui ne donne rien n’obtient rien d’autre que la servilité ; nous n’avons pas de devoirs parce que nous avons des droits comme on pourrait le penser dans une logique dominant-dominé. C’est en exigeant des devoirs à accomplir qu’il nous faut des droits afin de soutenir ce dépassement de condition. Que l’on s’en montre en incapacité renvoie à ce que le droit autorise ou rend possible. Trop de lois tue-t-elles le lien social ? La question se pose évidemment mais admettons en la logique ne fut ce que celle qui consiste à prendre conscience qu’à trop légiférer le sujet objet de tous les soucis ne peut plus se fonder que comme un délinquant en puissance.

Le second tient aux rôles renouvelés de la Médecine et à l’accès des Sciences Humaines et Sociales contemporaines. Rôles renouvelés de la médecine psychiatrique qui exige d’être reconnue comme une science non prédictive au bénéfice d’un long cours thérapeutique, rôle des sciences Humaines et Sociales avec ce qu’elles entrainent dans leur sillage, une culture de la subjectivité. L’intime d’un coté, lieu de tous les possibles, le secret médical de l’autre , frontière de toutes les transgressions. Médecine et Sciences Humaines peuvent de fait être considérées comme d’une part le Cheval de Troie et de l’autre la Pénélope mythologique revisitée : subversion de l’intérieur dans la mesure où la position de secret médical oblige à penser une réserve et ce qui s’ensuit dans le champ institutionnel, Pénélope de l’autre coté dans la mesure où lorsqu’un travail psychique se présente il est a priori infini, dans la mesure où il est lié aux vulnérabilités tant personnelles que situationnelles et ces choses psychiques là sont aléatoires. Et les sciences Sociales pour autant qu’elles se constituent en ressources Humaines exigent certaines conditions de disponibilités institutionnelles pour être opérantes.7

La pratique du discours médical s’est renouvelée dans l’espace judiciaire, à la fois en ce qui concerne la recherche de culpabilité juridique et en ce qui concerne l’application de la peine. Pour la première, le discours médical a été mis à contribution dans les phases inquisitoriales de la procédure et dans la phase accusatoire elle même afin d’établir les réalités «  vues du coté des sciences physiques et chimiques » et psychologiques des éléments matériels et moraux de l’infraction. Il y eut pour cela la médecine légale puis la psychiatrie médico-légale. La première atteste toujours de la réalité matérielle d’un fait dans ses conditions de possibilités, la seconde se rend toujours à ce qui fait ou non l’abolition totale ou partielle du discernement du justiciable présumé.

Pour la seconde on sait dans notre tradition philosophique que l’idée de soin n’avait pas sa place dans le choix de la peine. Le délit était en nature un mauvais usage de la liberté humaine dont chacun disposait et un acte libre n’avait pas de cause…autre que la liberté ou le libre arbitre. Ainsi que le rappelle X un système pénal basé sur l’idée de soin aura nécessairement pour ambition de réformer le délinquant, individu anormal du fait de ses comportements antisociaux. Réformer et sauver tout à la fois de la justice des hommes et de lui même. Un compromis est de fait devenu nécessaire et l’usage du discours médical a pu servir a entraîner la conviction du juge vers une moindre sévérité. Usage rhétorique du discours médical rappelle l’auteur. Ce passage ne pouvait se réaliser que dans une référence nouvelle à la sociologie et à l’anthropologie élaborant une construction déterministe du phénomène criminel. Si l’atavisme du criminel conduisait à son exclusion, la référence multipliée aux influences du milieu ne pouvait se réaliser que sur l’hypothèse qu’une perturbation originelle de la communauté et du milieu. La réforme du milieu avait comme contre partie la disparition du phénomène criminel lui même. Réformer le milieu, mettre en place un hygiénisme social a eu ses conséquences. Ce ne sont plus les actes et les auteurs qui sont dangereux pour le lien social puisque si l’on reforme le milieu ces actes n’auraient plus aucun sens ; le danger vient paradoxalement du sujet lui même pour lequel il est nécessaire de mettre en place des interventions préventives et défensives plus que répressives, des mesures de sûreté dont la durée est moins dépendante de la gravité d’une infraction ou de la blessure faite à la communauté que du risque crée par un état de dangerosité. La communauté a dès lors une obligation : ou bien resocialiser ou bien éliminer. Le traitement pénal est dès lors traitement de réinsertion, de réhabilitation et de rééducation. Le phénomène criminel tout entier est envisagé dans une perspective de traitement ; sans doute ce que l’on nomme aujourd’hui la pédagogie de la responsabilité ou la socialisation.

Le phénomène criminel dès lors qu’il peut s’envisager sous l’angle de mesures « médico-juridico-judiciaires » fonctionne sous une forme prescriptive de type ordonnance médicale( SME, Contrôle Judiciaire, lutte contre la désocialisation,Injonction thérapeutique,obligation de soi…)

Dans une telle perspective renouvelée c’est le soin, dans une référence ou non médicale, qui est LA mesure de traitement pénal. Une politique criminelle moderne inclut nécessairement le soin, le choix d’une politique criminelle peut dès lors passer par une option thérapeutique, dans tous les cas par un programme de traitement alternatif aux poursuites. Une contractualisation de la mesure judiciaires est représentable : sous le contrôle d’agents de probation, un engagement à changer ( quelqu’en soit la manière) est pris. « Un besoin de soin étant posé comme réponse et interprétation du fait d’infraction, lorsqu’il n’y a plus besoin de soin il n’y a plus de coupable à punir »

Le traitement devient en grande partie la finalité du traitement judiciaire. Dès lors nous passons à une autre logique : s’il ne s’agit plus de liberté ou de libre arbitre, d’une justice rendue non plus au nom du peuple souverain et sacré mais en vue d’une paix sociale et d’une meilleur gestion des ressources humaines et sociales( par exemple le « plaider coupable », les remises de peines créditées et anticipables, les procédures d’aménagement des fins de peines…), la justice peut être une justice récupérée, une justice d’état ou de gouvernement qui dit ou non son utopie. Et sa prétention à s’adresser à Liberté Humaine ou au libre arbitre devient un archaïsme.

La référence est désormais celle d’un Pacte social et des mesures pour le maintenir : la réformation du délinquant s’engage au travers d’une subjectivité découverte dans les contraintes normatives de références, ce qui est défini comme étant tolérable ; non plus un comportement mais de la frontière et de la limite. La délinquance désormais s’offre à chacun, dans le pacte inaugural comme un choix qu’il aurait à assumer dans les rets de son histoire, et sa volonté en cela n’y est pour rien. Mais il en est de sa responsabilité d’homme de devoir s e plier ou de se contenir aux injonctions que définissent dans cette sortie de lui même, de sa subjectivité.

La délinquance devient un enjeu subjectif dans un travail psychique, dans une aventure socio familiale et culturelle. Cette forme de supposition n’est en rien différente de ce que les victimologues ont pu mettre en avant dans la reconstruction du sujet après des moments catastrophiques externes : à savoir que, de quelque façon que ce soit, il faut qu’il en passer par l’assomption d’une double culpabilité, celle ontologique d’exister au-delà de la vanité ou de l’orgueil d’être, celle d’avoir à subir les affres d’un renoncement dont l’origine structurale se situe aux confins de la problématique oedipienne.

Des définitions et des mises en cause : pour introduire la carcéralité, des modes en parallèles et en interférence

L’adjectif puis substantif carcéral est d’origine récente. On n’en trouve pas trace dans le Dictionnaire de Larive et Fleury en 1913 par exemple ; encore absent du Robert il n’apparaîtrait que vers 1959 et n’a acquis de vitalité qu’après les discussions de 1973 sur le régime pénitentiaire après les nombreux incidents qui ont émaillé la décennie soixante. Par contre on trouve dès le VIéme siècle la référence à carcéralis, ce qui serait propre au carcéral. Entre « froid pénitentiaire » et « isolement carcéral » émergera progressivement ce qui se désignera comme univers carcéral parallèlement aux autres univers déjà décrits, par exemple l’univers concentrationnaire. On évoquera l’isolement carcéral comme un retrait du temps commun ou des activités ordinaires et des relations qui ont structuré la fabrication du lien social et l’organisation de la personnalité. Si l’on savait depuis longtemps évoquer les psychoses carcérales sauf à considérer ces dernières années et de manière plus implicite qu’explicite il n’était pas fait référence à la carcéralité comme mode d’organisation et type de retentissement tant social que psychique.

Si la notion peut prendre quelque intérêt ce sera par analogie avec ces notions plus récentes telle la parentalité dont l’objectif est de donner un espace de représentation aux pratiques d’éducations mises en mouvement par l’application concrète d’un métier, celui de parent au travers les jeux d’alliance et de contrat et de leurs gestions sociales, conflictuelles, inconscientes. On le voit il s’agit de mettre en avant plus que le lieu, la relation instaurée et au-delà une relation sur un mode de contrainte que ne spécifierait pas la seule détention.

Avec carcéral nous passons d’un lieu fermé à ce qui qualifie les modifications de la libre disposition de soi même, par un effet de contrainte légale( la loi) et réglementaire (l’institution), faisant suite à un fait infractionnel constitué.

Ce passage désigne ce qui fait la carcéralité et prend place de ce que l’on pouvait appeler autrement autrefois l’art pénitentiaire, la science pénitentiaire8. Ce qui ne se réduit plus à la gestion des effets d’un milieu mais rend compte de tous les aménagements psychique, médicaux, sociaux, éducatifs ou pédagogiques, architecturaux qui se mettent au travail au moment où une sanction s’écrit et s’énonce en peine, que celle-ci soit d’emprisonnement dans les murs, d’enfermements dans des privations ou des obligations, entraînant de par son application l’implications d’agents sociaux dont les missions sont ordonnées autour de la sanction, ayant en corollaire des effets impossibles à méconnaître sur les appartenances ( les groupes familiaux et professionnels, les groupes amicaux…)de référence de celui qui est l’objet d’un système pénal.

Un tel concept définit non seulement les rapports des détenus à leur environnement total, interne et externe mais les rapports de l’homme ( détenu ou non) à LA peine dès lors que celle-ci modifie ses accroches sociales, objectives et subjectives, ie modifient le repères de temps,d’espaces, de statuts sur lesquels une existence fondait d’évidence son quotidien. Modifications de ses rapports existentiels structuraux obligeant à différer, retarder, mettre en suspens à partir d’une responsabilité imputée et d’une capacité de responsabilité supposée. Il s’agit bien et essentiellement de la responsabilité imputée et non de la culpabilité au sens juridique du terme ( la chose est jugée et fait réalité consensuelle) et cela sur la base d’un nouveau soucis de soi pour lequel maladroitement on évoque l‘idée de devenir l’acteur de sa peine comme si « sa-peine » lui appartenait en propre, individu isolé dans une conscience morale intérieure, comme si la sanction ne concernait que lui même hors ses milieux d’appartenances ( ses proches et ses proximités mais aussi tout le corps social).

Un tel concept oblige à revisiter certains termes qui objectivent et positivent ce qui fait « la population pénale » et n’ont de sens qu’au plan d’une gestion statistique du grand nombre pour définir un monde d’hommes et de femmes ou encore d’adolescents qu’on désignera au mieux comme des populations carcérales impliquant l’interpellation des ressources humaines saisies non seulement dans une gestion pénitentiaire mais carcérale : les rapports d’un sujet à son environnement total sur la base d’un fait infractionnel.

Soit : une carcéralité comme champ d’analyse et d e représentations des effets de peines, se déployant de façon moderne dans le temps, l’espace, suscitant de nouveaux agents sociaux ou en modifiant les missions. Et signalons à coté de ceux dont la mission est d’administrer, ceux qui ont la charge de gérer au plus près du voisin, de l’alter : agents des surveillance, CIP, Psychologues PEP, Formateurs, Médecins… et ceux qu’il conviendrait d’appeler les passeurs de liens : Associations de bénévoles de la société civile.

La carcéralité oblige à penser en termes de voisins et de voisinages, en termes de modifications de présences que le voisin ainsi instauré soit, l’agent ( dans l’intimité d’un projet de peine),le bénévole dans l’intimité d’un passage, le co-détenu dans l’intimité imposée, la famille dans l’intimité fractionnée et distante. La carcéralité donne une autre représentation d’un monde autrement rassemblé sur les effets d’une base réglementaire et légale, sur l’effectivité d’une infraction, d’un écart à une norme sanctionnatrice.

Du voisin et du voisinage ne cessent d’insister dans ce que l’on nomme trop formellement la relation ou la communication. Il y a du voisin en permanence dans un système de références qui ne cesse de se désigner comme familial, parental, conjugal. Jamais la famille en tant que groupe de référence ou espaces familiaux, comme normes impossible à méconnaître n’a jamais été aussi présente dans cette exigence de maintien des liens familiaux, dans ces analyses centrées sur la séparation ; qu’elle concerne les adultes ou les enfants. Qu’un adulte soit placé « en détention », qu’un enfant soit placé en « centre ou famille d’accueil » ou encore hospitalisé pour une raison gravissime, peu importe : chacun se trouve simultanément concerné avec la question de la mort et de la transgression et il a à faire avec ce que cela entraîne comme destin. Chacun ou chacune des parties se trouve en même temps mis hors de lui même tel qu’il en a l’expérience, enfermé dans un dehors. Dans le parti pris contemporain d’individualiser, de respecter la dignité de la personne, de prendre en compte la subjectivité( laquelle ne cesse de remettre en cause le lien social), nous n’avons jamais autant insister sur la référence familiale et inclus dans le soucis de soi la responsabilité de mener à bien la cause du groupe familial. Soit : qu’un groupe demeure responsable, qu’un sujet de famille demeure responsable de son groupe.

Les modifications normatives et subjectives implicites à la juridictionnalisation

Des cadres pour penser et se promouvoir

Sans cadre de pensée assurant l a permanence d’une existence, il n’y a pas de pensée possible. Ces cadres font partie intégrante de l’auto construction de soi. Ils sont parfois pour des raisons sociologiques, éducatives ou de conflictualités générationnelles, patrimoniales rendus absents ou instables. Se situer dans un espace-temps-social c’est d’abord prendre ses repères. Et dans toute société démocratique les structures de régulations des pouvoirs sont censés amener chacun à une égalité de traitement. Sur la base de notre précédente avancée la question ici serait, comment fabrique-t-on du voisin se donne-t-on du voisinage ?

Comment se régule le lien social ? Quatre références organisent le lien social et chacune d’entre elle s’est donnée du code, a défini son écart à la norme attendue,en même temps qu’elle propose un type d’accès ou d’acquisition avec un objectif bien spécifique : une production.

D’autres travaux9 organisés sur l’étude de la violence et de ses régulations nous avaient avait fait entreprendre cette représentation des structures de pouvoirs et de ses régulations :

Références Codes Ecart Mode d’acquisition Production
Loi Pénal/Civil Infraction Education civique Citoyen
Règle Règlement intérieur Désobeissance Charte Porteur de projet
Usage Us Incivilité Bienséance Voisin
Coutumes Origine Irrespect Sacré Croyant

où de manière spécifique les questions d’usages ,champ des conflits de normes contribuaient à élaborer ce que nous nommons du Voisin à coté de ce que les autres références produisent comme le citoyen10, le porteur de projet et le croyant tandis que celle des coutumes était le champ des conflits de valeurs et des idéalisations… Chacune de ces régulations11 est susceptible de chercher à subsumer toutes les autres au profit d’elle même et de fait à empêcher le fonctionnement dynamique et conflictuel du lien social. Ce que nous cherchions alors à montrer était que les violences pouvaient être comprise comme une production institutionnelle qui ne sachant se prescrire engendrait les peurs et les craintes qu’elle était amenée à condamner et à attribuer à des individus ou à des groupes minoritaires en les dotant de fonctionnement limite. Les incitant implicitement à devoir prendre le pouvoir et a entrer en dissidence pour se sortir d’une situation d’impuissance et de panique narcissique.

Cette même panique qui s’empare de soi lorsque les conditions personnelles ne sont pas réunies pour porter en avant son propre devenir, ie son propre dépassement. Il y a pour cela des capacités requises et des angoisses déstructurantes qui peuvent se saisir tout autant de la personne que de ses groupes référentiels. Il y a des conditions pour penser des rencontres et pour notre propos, des rencontres parents-enfants, entre mari et femme, entre frères et soeurs…

Supporter Dépasser
d’être abandonné être exposé à un autre milieu sans se sentir persécuté
une absence éventuelle de réponses ne pas connaître les origines
des jugements permanents de valeurs ne plus dire avoir été battu pour avoir soi même battu
être aidé sans sentiment de trahison sa condition initiale et être au delà

Il y a des cadres carcéraux dont on sait la force négative et s’opposant à tout changement :dans l’exacerbation des tendances agressives ou dans l’exacerbation des pressions sexualisantes12 du à des contextes iatrogènes, insanes13 ; là même où ils prétendent permettre de dépasser une condition d’existence. Il a été depuis longtemps décrit au plan social l’exemple de la mauvaise graine où le cadre ne laisse passer que ce qui renforce l’urgence d’une nouvelle infraction14. Au plan psychique ces décompensations en psychose carcérale, au plan de la promotion personnelle la désocialisation, la désinsertion et le retrait des responsabilités du fait de la mise en suspense de toute gouvernance de soi même.

Il y des vulnérances spécifiques à certains types d’enfermement et pour certaines populations carcérales :le motif de l’incarcération,l’apparente vulnérabilité, l’attribution d’espaces spécifiques,la situation pré carcérale, les horaires d’activités, l’activité elle même… : des espaces carcéraux producteurs de normes exacerbent des normes et des valeurs machistes,aux virilités émoussées réactives et délinquantes.

Il y a des stratégies d’adaptation15 propres aux offres des modes de fonctionnement des Maisons d’Arrêts ou des Centres de détention de la même manière que les travaux contemporain ont dégagés empiriquement des typologies d’adaptation16. Des coordonnées différentes engendrent des problèmes différents :
La maison d’arrêt : un temps17 arrêté pour un temps où l’on attend quelque chose, un espace non arpentable, une promiscuité construisent des problèmes spécifiques( tendance à annuler l’altérité ou au contraire à en obliger la réflexion,élabore sur le mode du dommage une conscience de classe du réprouvé) en ordonnant des issues très caractéristiques :

Sur le mode de la Dépression Sur le mode de la Revendication
Repli et retrait hyper adaptatif Transgression et système D en attendant des jours « avec »
Banalisation et fatalisme Rébellion et mise en demeure
Fuite dans le sommeil et les psychotropes Panique et effondrement, décompensation

Et en Centre de détention : où le temps détenu, confisqué est à ressaisir en maintenant le suspens et la contrainte à différer, où l’espace ouvert à une déambulation restreinte et routinière s’ouvre dans un monde sans cesse clos, où les statuts sont projetés dans un mode de représentation binaire : détenus/agents de la carcéralité, des hommes entre eux par exclusion des femmes,( ou des hommes), le rejeu des idéalisations amoureuses projetées dans une promiscuité qui s’érotise, et conflictualise les possession et les haines amoureuses, dans la permanence a conflictuelle de positions psychotiques, dans « l’avoir à se dire », plus contemporain , au moins pour ceux qui ont fait l’objet d’une sanction pour agressions sexuelles.

Acquérir et se Modifier Idéaliser et Réparer
Dans des formations multiples s’en tenir à un statut d’enseigné Renforcer les conditions de vie antérieures en justifiant ses propres dommages
Se situer dans un envers a conflictuel en symétrie avec l’avant de la sanction Réélaborer les identifications parentales et les modes de socialisation

Autant de positions avec lesquelles les groupes familiaux (mari/femme, enfant/parents ;fils,fille et père, fils-fille et mère…) vont avoir à faire à partir de la nécessité où ils se sont trouvés-créés d’avoir à subsister tant sur le plan argent, affectif que sexuel ou relationnel. Plus qu’ailleurs parce que nécessairement dans une idéalisation ces mêmes familles quand elles persistent dans leurs groupes propres, se rendent également permanentes en tant que surfaces de références contre la panique. Ces groupes familiaux tiennent aussi leur durée de cette plongée vertigineuse dans le non-étant de la relation. Non étant suspendu à ces positions dans lesquelles se trouve leur «  détenu(e) » sous le coup d’une faillite existentielle et d’un stigmatisation sociale.

Un peu à la manière d’un « comme si… », comme s’il ne s’était rien passé, comme si.. le doute pouvait encore persister, manœuvre consciente et inconscient pour pouvoir supporter le relation à prévoir et pour faire échec à la séparation.18

Si travail pénal il y a par analogie19 à ce que nous pouvons nommer le travail de deuil ou encore le travail amoureux pour souligner les métamorphoses intrapsychiques et leurs retombées sur le mode ordinaire il ne peut guère y avoir de doute qu’il s’adresse à l’ensemble des réseaux relationnels constitutifs du condamné. S’expliquer avec la carcéralité ce ne peut plus être seulement concevoir le sens d’un acte infractionnel dans un trajet d’existence sauf à vouloir traiter idéologiquement tout un chacun en le soumettant à un acte psychologique ou en instrumentalisant la problématique psychologique dans un recours systématique aux psychologues, psychiatres et thérapeutes.

S’engager dans un projet sur soi demande à y être autorisé par son propre groupe référentiel

La présence des proches et des voisins : une habilitation vitale.

Familles et proches ont aussi à s’expliquer avec ce qui leur est arrivé, à s’en faire une représentation acceptable et à en produire un récit réparateur ou restaurateur. Citoyen, porteur de projet,voisin et croyant il ne pourront soutenir leur présence au monde que s’ils s’y trouvent habilités.

Il en est pour eux ce qu’il en est pour le ou la détenue ( et plus largement mais ce n’est pas ici notre propos celui ou celle qui est sous privation ou sous obligation) ; les affects de honte, de mort, les urgences liées à la sexualité et à l’argent sont éminemment perceptibles dans les thématiques de culpabilité ressentie ou de reports de responsabilités sur la personne de l’autre.

Depuis le «  je n ‘avais rien vu » qui met en échec tout système de rationalité, au « c’était sa vie » qui s‘aveugle de tenir une explication a priori, toute une gamme de responsabilités et ou de culpabilité20 oblitère les existences à venir : en deça de la vérité judiciaire il y a , en analogie à ce qui maintient la durée de vie des couples où les violences conjugales sont monnaie courante,( un prix à payer pour demeurer en l’état) ce qu’engagerait la réalité de la rupture des idéalisations.

Toute une dynamique psychique se met au travail entre retenir, se retenir, méconnaître,offrir, omettre, légitimer, se retirer, s’aveugler, aveugler…accuser.. propre à faire échec à ce qui se dresse à la fois comme une mort à soi même et la mort sociale suspendue d’autrui .Sur ce fond, une famille au parloir c’est une traversée de références fantasmatiques que les urgences sociales ou pulsionnelles maintiennent souvent à distance : fantasme de rapt ( il ( elle)m’a été enlevé(e), fantasme de violences originaires( qu’a-t-il(elle) fait), fantasme de mutilation ( où est-il(elle), de dépersonnalisation dans des règles anonymes, formelles,fantasmes de spoliation ( la fouille des vêtements, l’attaques des enveloppes corporelles).

De même qu’ un racontage restaurateur ou instaurateur, tout à fait semblable à ce que nous observions des stratégies d’adaptation carcérale sur les modes dépressifs ou revendicatifs, doit traverser ces affects et ces fantasmes pour donner à voir, à entendre et à parler, à faire tant à soi même qu’à son environnement… outre que chacun doit être à même dans la plupart des cas de s’en expliquer avec ses propres enfants et ceux-ci avec d’autres enfants et leur environnement.

Ce travail psychique dont on voit bien qu’il est une mobilisation générale du lien social demande à ce que certaines conditions puissent être respectées. On en citerait qu’une à titre d’exemple : la privation de liberté entraîne bien d’autres privations qui se muent en formes névrotico-perverses plus ou moins provisoires et iatrogènes. La privation de la sexualité est sans doute celle qui nous interpelle le plus. Au delà de ses formes brutes (car quelle différence entre se cogner littéralement la tète contre les murs et « machiner » une activité masturbatoire exutoire ?) c’est tout un versant non agressif de l’intimité qui se suspend intrusionnellement, invasivement et trouve à s’accrocher sur des amitiés homosexuées en dépit de.. sur des provocations qui ne laissent même plus douter des choix à privilégier tel ou telle partenaire. Que le choix soit homosexué n’est pas la question mais qu’il n’y en ait pas d’autres réalise toutes les conditions d’aménagements pervers expérimentaux. Un ventre affamé peut être peu regardant sur la qualité de ce qui se présente et du devenir qu’il se donne personnellement, des risques pour autrui qu’il prépare.

Des règles imposent un choix de vie et ces règles au travers un règlement intérieur font de ceux qui en sont les sujets des porteurs de projets, que nous le voulions ou non. Dans une existence autrement que sous main de justice il est possible de rompre avec de tels projets et leurs incidences lorsque le milieu assujettissant ne répond pas aux idéaux personnels ou référentiels. Sinon il reste à aménager et les aménageurs sont nécessairement des personnes, citoyens, voisins, croyants qui n’en subissent pas les effets.

C’est là le rôle des bénévoles et des structures associatives susceptibles de faire entendre, voir et parler des normes dont la conscience peut parfois faire défaut aux gestionnaires et élus du peuple. Dans ce cadre de tels aménagements ceux-ci bien loin d’être des médiateurs au sens moderne du terme ; ils sont à comprendre comme des passeurs de liens au sujet des normes dont les détenus sont les premiers représentants : offrant des rencontres, initiant aux démarches liées à l’emprisonnement,frontières et limites aux exclusions21.

Un détenu passeurs de normes, il en a la fonction mais non le statut. Acteur en conditions il ne peut qu’en témoigner indirectement. Pour peu que sa parole ne soit pas étouffée dans des pratiques de discours médicaux, gestionnaires ou sécuritaires il est le seul à être, en tant que groupe, un témoin privilégié : dans chacun des espaces traversés il change de role sans changer de statut, chaque changement de rôle implique le passage de frontières normatives où se joue à chaque fois selon des modalités différentes un jeu d’intimités, ie ce qu’il peut s’autoriser à exprimer.

En conclusion

Si l’on envisage la dimension carcérale non plus comme une suite de moments ponctuels mais sous la forme d’un parcours sont certains repères sont constitués de rapports à la justice, au même titre qu’ailleurs on évoque instrumentalement le carnet de santé ou le carnet scolaire…il devient légitime de considérer le parcours judiciaire suivi comme un parcours carcéral et non seulement pénal ; de faire ainsi de certaines de ses étapes des lieux de ressources. Il n’appartient pas à l’administration pénitentiaire de tout faire pas plus qu’il n’appartient à l’Etat d’être un assistant permanent. La référence à la carcéralité vient à juste insister sur la prise en compte par la société civile des productions de systèmes politiques et des effets indésirables au regard de ce qui est poursuivi. Et la suppression de la peine de mort y a quant à elle suffisamment insisté :en supprimant cette peine, comme il avait instauré au siècle précédent l’article 64, le débat politique et ses conclusions ont affirmé l’existence d’une alliance inconditionnelle22, au-delà du contrat entre deux personnes conscientes de leur responsabilité.

Juste à titre d’anecdote ! peux-t-on encore réellement parler de parloir ? le terme est-il encore adéquat, les représentations qu’il évoque ne sont-elles pas anachroniques et fort peu cohérentes avec ce qui s’y passe en réalité23. Est-ce que le terme lui même n’est pas un effet d’une dernière résistance à changer ? Quelles représentations en ont familles, détenus visiteurs, agents de surveillance…comment en donner la visibilité plurielle et conflictuelle contemporaine.

S’il y a une chose psychique à assumer c’est la sanction en ce qu’elle vient dire dans une société démocratique un manque de considération d’autrui et une faillite de soi : quant à la peine elle est forcément collective, groupale et il est idéologique d’ affirmer qu’un individu doive devenir selon la formule consacrée, acteur de sa peine. La peine n’est qu’un moyen au service de la sanction, une mesure qui doit toujours venir justifier elle même ce qu’elle vise. C’est là le travail de Pénélope au-delà des ressentiments de Némésis.

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Références

1 M. Coldefy, (2005) La prise en charge de la santé mentale des détenus en 2003 Etudes et Résultats , DREES, no.427,p.1-12.www.sante.gouv.fr/htm/publication
2 A. Golse et P. Plichart( ) La psychiatrie est-elle morte ? Bastidiana, 17-18,147-156. Plichart, A. Golse( ) Psychiatrie en Prison, Une clinique aux limites. Revue Française des affaires Sociales, 161-175
3 Editions la Découverte, 2005.
4 que ce soit de karcher-omanie qu’illustre les usages de lances à incendie au cours des violences de toutes sortes.
5 La redistribution des pouvoirs des Juges d’Applications des peines, des taches et responsabilités des SPIP, dans le cour de l’histoire récente va dans ce sens, magnifiant en quelque sort deux extrêmes du pouvoir : celui qui relève du parquet et celui qui relève des mesures judiciaires, de leur analyse en faveur d’une réinsertion sociale, ou non.
6 on en dirait de même de ces positions de cliniciens qui ne paraissent voir dans la demande analyse comme étant «  du bout des lèvres » faites par certains détenus d’un accompagnement psychologique au seul profit de bénéficier de mesures de liberté. C’est là que se perçoit le statut d’infantilisation dans lequel le sujet réduit à sa condition de détenu est maintenu idéologiquement dans une pseudo référence éthique ou déontologique.
7 On le voit bien à propos des deux grands empêchements modernes de l’administration pénitentiaire : les gestion de la sexualité d’un coté, de la famille de l’autre.
8 J. Pinatel, (1950), Traité élémentaire de la Science Pénitentiaire et de la Défense Sociale, Imprimerie administrative Melun. Lire également d’un point de vue historique, H. Joly,(1900) Le combat contre le crime,Librairie Léopold Cerf,Paris
9 L. Villerbu et al., Diagnostic et traitement des insécurités endémiques à l’école203-223, in B. Charlot et JC Emin,(1997)Violences à l’école. Etat des savoirs, A. Colin.
10 Voir en particulier l’analyse pertinente de F. Chaumont (2005), Le sujet du droit n’est pas le sujet de la psychanalyse, V.S.T, no.84, p.24-28
11
12 A. Hesnard notait déjà pour d’autres raisons, ces « sensualités narcissiques corporelles » dans, (1927) L’individu et le sexe, psychologie du narcissisme, Stock, Paris
13 P. Le Bas, S., LM. Villerbu (2005)
14 J. Pinatel, op.cité.
15 Plichart et Golse, op. cité.
16 sur le mode de la prisonniérisation, M. Cabelguen, (2005),
17 sous la direction de LM. Villerbu, Temps Psychiques,Temps Judiciaires, Colloque International Francophone, Rennes 2001.
18 S. Weber, (2005)La place de l’acte dans le maintien des liens, Dossier UFRAMAG, 5, juillet ,La famille au risque du délit, p.10-17
19 L.M. Villerbu( 2005), Les temps de l’incarcération, le temps de la sanction.. quels temps pour les relations renouvelées ?, Communication UFRAMA, Paris, ENM, à paraître.
20 G. Benoist, Dossier UFRAMAG, op.cité.
21 Famille et Incarcération, 3e Rencontre Nationale des maisons d’accueil des familles et amis des détenus, Poitiers,29 et 30 septembre 1995.Famille : quelle place quelle parole face à la prison et au sein des lieux d’accueil.
22 J. Ellul, Le Contrat et l’Alliance, in LM Villerbu (1988), Le contrat en Sciences Humaines dans les pratiques Sociales et de Santé, Colloque National, PUR. Rennes.
23 C. Cardon,(2002),relations conjugales en situations carcérale,Ethnologie Française,XXXII,1,p.81-88

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