Une affaire de femmes.

Une affaire de femmes, de Claude Chabrol, sortie septembre 1988

Avec Isabelle Huppert, Dominique Blanc, François Cluzet, Marie Trintignant, Vincent Gauthier.

uneaffairedefemmes

La France sous l’occupation. 

Marie, mère de famille gagne de l’argent en aidant les femmes ne souhaitant pas donner vie à un enfant, à avorter. Mais la France de Vichy est celle de la Famille et on y dénonce facilement son prochain. Le gouvernement décide de faire un exemple et Marie est exécutée le 31 Juillet 1943.

L’association Ciné Débat de Granville ‎ a organisé une semaine de Cinéma Justice, la semaine du 22 au 27 avril 2014. Filmologie de qualité, tables rondes riches, public assidu et originalité de la démarche sont les points remarquables de cette création que l’on aimerait voir se faire dans d’autres villes.

Les questions que le film pose sur les fonctionnements d’une justice confisquée, d’un appareil d’état instrumentalisé, l’usage des mœurs au bénéfice d’une gouvernance en difficultés, de la volonté de faire exemple, de la méconnaissance des situations psychologiques et des problématiques anthropologiques sont toujours d’actualités…

C’est une métaphore du temps présent sous d’autres artifices. Cela ne se dit plus, aujourd’hui, en avortements sériels mais en néonaticides répétés ou non, en infanticides dans une dynamique homicide/ suicide, etc. Se vouloir garant d’un ordre moral que l’on a mis soi-même en difficulté c’est la grande leçon d’une construction tirée d’une histoire vraie, trop vraie qui finit là où elle attendue, pour faire exemple.

Une femme, une mère, une fille veulent se sortir de la situation étouffante qui leur a été faite et à laquelle elles ont participé, faute d’une quelconque conscience politique de leur situation. Elles vont en découvrir la réalité dans l’exil auquel elles sont condamnées et dans la décapitation qui les enlève du territoire des hommes, de leur condition humaine.

Le destin de cette quasi figure mythologique était d’échapper à sa condition, elle ne voyait pas le mal ; elle l’a découvert sans y trouver de quoi adhérer. Cette découverte a précipité sa chute. Elle aurait perdu toute légitimité ? Elle meurt et ne sait pas ce qui lui arrive, sauf à être privé de ses enfants, de l’inquiétude de savoir si ça fait mal. Elle ignorera que, dans ce même temps, des conditions encore plus affreuses sont faites aux enfants déportés. Le prix de son crime est de donner bonne conscience, de suivre le cadre formel d’un texte du code pénal : et l’on sait le sadisme qui se cache sous d‘aussi bonnes intentions, comment le surmoi peut être cruel !
Les experts y auraient- ils changer quelque chose ?

Participation à la Table Ronde du samedi 26 avril.

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