Dimensions psycho-criminologiques de la « désistance »

Loick M. Villerbu 1, Anne Winter 2, Christelle Laurent 3

Introduction
Le terme « désistance », en France, est largement inusité. Il n’est sans doute pas anodin que son émergence coïncide avec les travaux sur la délinquance juvénile aux Etats-Unis (1934). Sa référence est manifestement plus connue des familiers des études anglophones. Cependant, bien plus qu’une absence de réflexions et de propositions sur ce qu’il implique, il faut y voir un effet de culture criminologique et des disciplines afférentes à ce corps de doctrine. Dit autrement, ce que le terme implique et que nous allons discuter, est l’effet manifeste à la fois de conceptions de monde différentes et de politiques pénales/pénologiques volontaristes instruisant, dans d’autres dimensions, les acteurs du changement social et psychique. Chaque mot est un monde, écrivait M. Merleau-Ponty : chaque langue entraîne avec elle une conception de l’existence et des rapports intersubjectifs.

Le terme ré-émerge dans les années 1980, d’une volonté politique qui a fait du phénomène criminel un champ d’études spécifique. On ne peut pas dire que ce que ce terme implique soit absent des préoccupations des professionnels et chercheurs en France. Mais ceux-ci ont jusqu’à présent choisi de voir le monde à partir de ses disciplines historiquement constituées, dont les références objectales se sont positivées. Les débats récents sur l’émergence universitaire d’une criminologie avec ses chercheurs et ses professionnels sont un témoignage de ces résistances au changement et de la positivation des références fondatrices. Que cela passe, en France, par les chemins de la psychologie, de la psychiatrie, de la sociologie, de l’aide médico-sociale ou médico-psychologique, ou encore du travail social… est assurément manifeste et revendiqué. Cependant tous ces moyens ordonnent une série de clôtures disparates et/ou polémiques, ne favorisant guère les mises en commun, pire, que très peu de débats constructifs.

Sans doute le terme le plus approchant serait celui de désistement, si celui-ci n’indiquait pas dans son fondement l’idée d’une démarche active et volontaire là où la notion de « désistant » fait référence à un ensemble de processus plus insidieux tant du point de vie psychique que sociétal. Ainsi, quand le Conseil de l’Europe en 2010 propose le terme de désistement sous cette définition : « Processus par lequel, avec ou sans l’intervention des services de justice pénale, l’auteur d’infraction met un terme à ses activités délinquantes et mène une vie respectant la loi, par le développement de son capital humain (par exemple ses capacités individuelles et ses connaissances) et son capital social (par exemple l’emploi, la création d’une famille, les relations et les liens sociaux, et l’engagement dans la société civile) », la mise à terme rend compte d’une part bien trop active attribuée à la personne qui a des activités délinquantes, et omet de dire en quoi et à quoi cette personne se rend, capitule, plus que ne renonce et fait de ce renoncement une œuvre parfois créatrice par la voie de la sublimation et de ses aménagements défensifs. Que la capitulation se fasse par la suite renoncement actif, peut être, mais dans ce cas elle s’organise, pour cette personne, politiquement (ou dans une mystique de l’amour, de la religion, de l’âge et de ses besoins…) et dans un cadre sociétal autrement considéré.

On voit où se tiennent les différences essentielles entre une criminologie qui se propose comme complexité objectale et les disciplines/professionnalités qui maintiennent leur statu quo ; dans les deux cas autour du phénomène de réinsertion/insertion. Mais les unes (les disciplines/professionnalités) ne présupposent pas que la réinsertion, après un temps long ou court dans la déviance, puisse poser des problèmes essentiellement différents que ceux du temps délinquant, l’autre (la criminologie) si. Toute la question des « empreintes institutionnelles » et de ce qu’elles engendrent se trouve posée dans cet écart où se condensent les complexités.

La notion de « désistance » a-t-elle un contenu propre ? Aurait-elle un contenu autre qu’heuristique ? Avec quoi peut-elle faire contraste ? Ce sera le fil rouge de ce propos. Pour sa démonstration, nous passerons par une série d’étapes dont la finalité est de résister aux évidences et d’en décomposer les affirmations.

1/ Des rapports de la probation et de l’insertion : ce qui ne va pas de soi dans une mutation politique récente

La probation. Deux critères explicitent la notion : un temps qui précède un changement d’état, une phase de diagnostic ou de tests. On parlait ainsi de probation, d’un « temps d’épreuve qui précède le noviciat ». La probation est à la fois une phase-étape et une tentative de diagnostic, ce qui est bien mis en évidence dans le terme « probatoire » : examen que l’on faisait passer à un élève pour s’assurer de son niveau. Toute chose que l’on retrouve dans sa définition anglaise : « Probation is a period of time during which a person who has committed a crime has to obey the law and be supervised by a probation officer, rather than being sent to prison » ; « Probation is a period of time during which someone is judging your character and ability while you work, in order to see if you are suitable for that type of work 4 ».

L’insertion. Elle désigne le fait d’introduire une chose dans une autre de façon à l’incorporer (assertion). Insérer a comme antonyme retrancher, qui dans sa phase active devient déserter/désertion.

Le rapport de l’une (la probation) à l’autre (l’insertion) est de fait un rapport de contraintes et de promotions. C’est de ces sources que sont nés les CPAL puis les SPIP ; les premiers (les Comités de Probation et d’Assistance aux Libérés) en 1946, les seconds (les Services Pénitentiaires d’Insertion et de Probation) en 1999.

Ces rapports sont des phases et non des étapes, des phases dans un processus qui va de la probation à l’insertion et réciproquement : probation, un temps qui précède pour une phase de diagnostic ; insertion, un retour par une réélaboration contrainte et suivie ; une probation pour des évaluations probatoires et des modifications d’états dont la légitimation appartient aux représentants missionnés de l’État (les Conseillers d’Insertion et de Probation, CIP). Et cela dans une durée qui peut être, ou non, sans fin. L’analyse du cahier des charges montre que les temps missionnés sont très inégaux. Si, par exemple, on retient les dix missions de probation et d’insertion en quête de sens :

  1. Favoriser la réinsertion des personnes majeures placées sous main de justice, incarcérées ou non ;
  2. Veiller au respect des obligations qui sont imposées par le magistrat (le plus souvent le juge de l’application des peines) aux personnes condamnées ;
  3. Réaliser des enquêtes sociales rapides préalables à la comparution devant une juridiction ;
  4. Assurer le suivi des mesures judiciaires de milieu ouvert ;
  5. Informer les autorités judiciaires du déroulement des mesures ;
  6. Aider à la prise de décision de justice, notamment en communiquant à l’autorité judiciaire toutes les informations nécessaires à une meilleure individualisation de la peine adaptée à la situation de la personne ;
  7. Proposer au magistrat des aménagements de peine ;
  8. Prévenir les effets désocialisants de l’incarcération ;
  9. Maintenir les liens familiaux et sociaux de la personne détenue ;
  10. Aider les sortants de prison après avoir préparé leur retour à la vie libre.

Seules les trois dernières missions sont en direction des détenus (insertion/réinsertion), alors que ces mêmes missions ont un champ d’étendue très large, que ce soit en milieu fermé (relations détenu/famille et aides sociales, relations détenu/milieu extérieur de retour, relations détenu/développement personnel et social, relations détenu/soins/veille sociale) ou en milieu ouvert (sur la phase sententielle et pré/post carcérale : suivi présentenciel, suivi postentenciel ; sur la phase non carcérale : peines restrictives de liberté, aménagements de peine après une détention). La disproportion entre probation et insertion est en risque permanent d’éclatement.

La situation des CIP dans cette organisation (passage du CPAL au SPIP) peine à se constituer dans la mesure où de références éclatées en références éclatées, l’objet se dérobe en s’institutionnalisant sur de nouvelles bases, qui passent par la criminologie et ce qu’elle est susceptible de produire comme autres outils et autres références. Des notions font passage – la désistance en est une – non sans déranger des certitudes acquises et des idéalités résistantes. Désistance et réinsertion sont deux cultures, deux langues, deux histoires aux prises avec la recomposition des politiques criminelles et des Règles Pénitentiaires Européennes. Comment passer d’un travail psychologique ou psycho-sociologique (le travail social) à un travail de « réseautage 5 », d’un travail centré sur l’individu et ses besoins à un travail centré sur la personne à la fois comme histoire et comme références groupales, sans perdre ou renoncer à cette intime conviction que rien ne se fait sans l’autre, ou encore qu’un travail ne tient que s’il se fait dans la fiabilité de l’un et de l’autre, dans une radicale dissymétrie de place ? Que rien se fait et ne s’établit qui ne prenne position sur ce qui existe déjà et contribue à le faire émerger ?

2/ Un détour par la psycho-criminologie

Une chose est de parler de délinquants ou de criminels, une autre est de poser un ou des modes d’intervention sur des pratiques infractionnelles de soi, de l’autre et du monde : de ne pas réduire l’homme à ses pratiques (la carrière délinquante) ou la pratique infractionnelle à l’homme (l’homme criminel de Lombroso). C’est ce regard éthico-politique qu’introduit la psycho-criminologie. Des précautions sont à prendre pour dire ce qu’elle n’est pas et introduire une entrée dans les pratiques infractionnelles par les deux bouts d’une chaîne existentielle qui part tantôt de la désistance, tantôt de la résilience.

2.1/ Définitions heuristiques de la psycho-criminologie

Polémique, actualisée, différenciatrice, opératoire, émergeante de l’histoire des sciences du psychisme, des sciences sociales, des sciences médicales.

Polémique, dans la mesure où son écriture elle-même est faite d’un certain nombre de refus dont le témoin est le nécessaire trait d’union. Soit le refus de toute annexion pour le développement d’un autre espace, espace renouvelé et non pas une tentative d’adoubement ou de colonisation comme on le voit trop souvent dans les identifications suivantes : Psychocriminologie (oblitération de la complexité dans l’articulation des références), Psychologie criminologique (juxtaposition qui laisse en l’état les savoirs existants et fait des uns aux autres un jeu de saute-mouton), Psychiatrie criminelle (comme si le qualitatif « criminelle » fondait un contenu particulier, hors champ criminologique), Psychologie criminelle (pour des raisons identiques, à ceci près que l’approche ne se fait pas par l’histoire de la psychiatrie), Psychologie du criminel (comme si l’homme pouvait se réduire à son acte et son acte devenir définitoire de lui-même alors qu’il ne s’agit que de l’étude des modes opératoires infractionnels et des sens probables que peuvent prendre les attaques du lien social), Psychologie du crime (comme si celui-ci ne se fondait sur des bases psychologiques). Et l’on en dirait autant de la référence base « sociologie ».

Actualisée, à partir de l’histoire des sciences du psychisme, des sciences sociales et des sciences médicales. Cela en tenant compte à la fois, du passage contemporain et de la volte-face qui axialisait l’espace criminologique dans le médico-psychiatrique (du fait de l’article 64 du Code pénal de 1810), de l’histoire des sciences criminelles et de la pénologie, et qui le restitue aujourd’hui dans un espace plus large de santé publique où les sciences humaines et sociales, les sciences du psychisme et de la société deviennent porteuses du nouveau projet criminologique. Considérant que ce n’est pas un hasard si se développent les observatoires sur l’enfermement (quels qu’en soient les motifs).

Différenciatrice, en prenant acte de la différence, et des réflexions et interventions que cela suppose, entre ce qui se réfère à la sanction (mise en cause de l’altérité) et à la peine (dans l’économie des atteintes au lien social et à ce qui, dans le lien social, est mis en valeur selon les aires culturelles et temporelles (par exemple, la position de la victime).

Opératoire, en distinguant d’un modèle forensic, médico-légal, la recherche des traces et de ses effets sur les intégrités corporelles et psychiques, le modèle psycho-criminologique qui fait de la trace un effet d’histoire à resituer dans un ensemble dont la complexité objectale 6 est revendiquée.

Trois sujets sont mis en scène dans cette complexité : un sujet psychique (un principe d’évidement), un sujet psychologique (l’institution comme forme d’être), un sujet juridique (dans la formation de la norme), dans une stratégie éthico-politique. Comment, par les sciences humaines et sociales, résister au positivisme ? Comment tenir la positivité des normes légales au travers de la force normative du droit ? Ces trois sujets viennent se projeter dans un schéma d’analyse psycho-criminologique :

  • Une analyse forensic ou détective, imputative et attributive : la recherche d’auteur et de qualification, la trace, la scène du crime et son mode d’imputation à un acteur, où se déploient la scène des aveux et les stratégies de décriminalisation.
  • Une analyse patho-biographique, où ce qui importe concerne moins les troubles et les désordres supposés fixés une fois pour toutes que les modes de décompensation auxquels ils donnent lieu ; une structure psychique ordonnant une posture existentielle qui ne dit rien si elle n’est pas nourrie de ce qui pour chacun fait axiome (auto-prescription fondée historiquement sur une décision) dans son économie, qui, lorsqu’elle ne se maintient pas, oblige à des aménagements conduisant à des impasses existentielles et aux risques encourus pour soi et pour autrui.

C’est dans cet espace opératoire psycho-criminologique que se tiennent les deux bouts d’une chaîne : la non entrée dans le processus délinquantiel, ce qu’on nomme la résilience ; la sortie du processus délinquantiel, ce qu’on nomme la désistance.

2.2/ Désistance et résilience. Deux notions pour une même clinique épidémiologique de la prévention de la récidive, versus l’insertion

Désistance et résilience sont des notions spécifiques d’une clinique épidémiologique qu’il convient de distinguer de deux autres cliniques, si l’on veut éviter le mélange des genres et les confusions renouvelées, en mettant à jour leurs principes actifs 7 : la clinique endémiologique et la clinique des organisations structurales, psycho-pathologiques. Cette distinction est d’autant plus importante que les aires culturelles et scientifiques ont plus ou moins développé les unes ou les autres. Ainsi en France, parler de psychopathologie fait souvent référence à tout sauf à une clinique épidémiologique. Le désintérêt affiché et revendiqué à l’endroit du DSM ou de la CIM en est un exemple, tandis que l’intérêt se porte vers les cliniques des organisations dites structurales ou encore vers l’étude des processus (inconscients), ce que nous appelons une clinique endémiologique, portée en règle générale par une démarche thérapeutique dite psycho-dynamique. Le refus parfois virulent des démarches cognitivo-comportementales suit cette logique.

Désistance et résilience, dans bien des cas et dans le cadre d’une clinique épidémiologique, au-delà des oppositions apparentes et réifiées quasi emblématiques d’une lutte de territoires, tiennent à une même référence centrale, positivée dans l’une (le programme dans la désistance), subjectivée dans l’autre (la fiabilité dans la résilience). Dans l’une, le programme est censé organiser un panel d’affects et de résolutions à partir d’une revue détaillée de « besoins » ou de « motifs ». Dans l’autre, la fiabilité est censée produire un climat qui serait moins de renforcement de l’existant que de « souplesse réorganisatrice » des acquisitions… dont on a pu faire a priori l’inventaire.

Réinsertion d’un coté, insertion de l’autre, se proposent comme des objectifs à atteindre ou en capacité d’être obtenus sous certaines conditions et réserves : référence à l’inconscient comme langage (dont on ne peut pas dire qu’il ne soit pas structuré et pré-organisant), référence aux comportements comme schèmes d’actions sensori-motrices et cognitives (dont on ne peut pas dire qu’ils ne font pas appel à l’expérience comme subjectivité).

Cette pseudo-opposition, prévention de la récidive versus réinsertion, qui se voudrait toute radicale, ne tient pas dans ses excès mais dans ce qu’elle suppose et prête à l’autre délibérément sur un plan éthique et politique : la volonté de contrôler pour l’un, celle de libérer pour l’autre 8. Dans les deux cas, une même méconnaissance des économies des empreintes institutionnelles 9 ou bien une même secondarisation de celles-ci. Deux systèmes d’opposés émergent : les premiers trouvent une légitimité du risque pour autrui (la dangerosité), et les seconds du risque pour soi (ne pas ou ne plus être à même de se fonder comme personne autonome). Certes ces oppositions caricaturent et nient dans le même temps que ce sont toujours des « sujets » qui, de part et d’autre des positions dissymétriques, sont dans une expérience de vie qui ne les laissent pas indifférents à l’un et à l’autre. Au-delà de ces oppositions sémantiques et cliniques, on ne peut nier non plus que se retrouvent mis au travail les contenus de métiers et leur références quasi symboliques.

Ce ne sont pas les programmes qui font contraste, mais les cliniques de référence. Si l’on admet que l’une est épidémiologique et que l’autre est endémiologique ou structurale et psycho-pathologique, alors on peut concevoir que résilience et désistance, toutes deux entendues comme expressions d’une clinique épidémiologique, peuvent être interprétées comme la non entrée et la sortie d’un même phénomène.

2.3/ Une revue des notions

La résilience

Question simple mais réponse complexe 10. Manciaux écrit que « c’est la capacité d’une personne ou d’un groupe à se développer bien, à continuer à se projeter dans l’avenir en présence d’évènements déstabilisants, de conditions de vie difficiles, de traumatismes sévères. Résilience et maltraitance vont de pair 11 ». Le terme est associé à la fois à la maltraitance, au traumatisme et à des conditions de vie telles que, sans le recours à un tiers, les troubles psychiques et sociaux deviennent plus ou moins irrémédiables ; d’où la référence, on va le voir, à l’hypothèse opératoire d’un tuteur de résilience. Il existe deux courants dans la représentation que l’on peut en avoir : le fait de rester indemne bien que soumis à l’exposition de risques psychosociaux, le fait de présenter une adaptation fonctionnelle aux situations pathogènes.

Il est dit encore que la résilience est un phénomène qui consiste pour l’individu à prendre acte de son traumatisme afin de ne plus vivre dans la souffrance que ce dernier peut causer. C’est « vivre avec », dans le sens où cela fait bien partie de la vie de cet individu, ne l’entrave pas mais lui permet au contraire de revivre. La résilience est rendue possible grâce à la réflexion, la parole, la thérapie… Une phrase célèbre permettant de résumer la notion serait celle de Nietzsche : « Ce qui ne tue pas rend plus fort ». Cyrulnik a développé ce concept en éthologie sociale, Kreisler en psychosomatique, Bowlby l’avait introduit dans l’étude des systèmes d’attachement. Il s’est substitué à la notion d’invulnérabilité. Cyrulnik dira que le concept est encore aujourd’hui à l’étude et les acquis les plus récents de la psychiatrie, dans le domaine périnatal en particulier, montrent que le bébé résilie à peine sorti du ventre de sa mère et témoigne d’une certaine capacité à se défendre contre vents et marées et contre toutes espèces d’agressivité extérieure susceptible de le faire rompre sous la puissance des forces néfastes qui s’acharnent sur lui. Il existe donc bien deux types d’individus, les uns, semble-t-il, plus malléables mais aussi plus vulnérables que les autres.

Une fois encore, on peut se poser la question : d’où provient ce comportement auto-protecteur évolué ? Il n’y a pas de réponse pour l’instant. Ce que l’on ne se sait pas, c’est ce qui fait qu’un enfant en situation difficile est capable de résister sans trop souffrir, alors qu’un autre devant la même situation fera preuve d’inefficacité et, de plus, ressentira des effets pervers beaucoup plus violents.

Mais l’on sait qualifier. Dans une référence à la psychologie cognitivo-comportementale ou à la psychologie de la santé, se dessinent tous les cadres de pensée de la notion d’adaptation : adaptation psychique, adaptation psychologique, ajustement psychique, ajustement psychologique, aptitudes d’adaptation, compétences de coping, comportement adaptatif, comportement d’ajustement, comportement de coping, stratégies de gestion du stress. On dira par exemple, la résilience fait la défense-protection, l’équilibre face aux tensions, l’engagement-défi, la relance, l’évaluation, la signification, la positivité de soi, la responsabilisation, la création…

Ainsi la résilience devient « un processus multidimensionnel, le critère d’évaluation pouvant, selon les cas, concerner le style d’attachement, les relations avec les pairs, les résultats scolaires, le bien-être psychologique, l’insertion professionnelle, l’absence de troubles psychiatriques, etc. Un individu peut manifester de la résilience dans un domaine et pas dans un autre. Il serait d’ailleurs peut-être plus pertinent de parler de résiliences plutôt que de résilience 12 ». Le taux de résilience au sein d’une population peut fortement varier selon la méthodologie utilisée et les dimensions choisies. Ainsi constate-t-on un déclin de la proportion d’enfants résilients au fur et à mesure que le nombre de domaines pris en compte augmente 13.

Intéressons-nous maintenant aux « tuteurs de résilience », ceux par quoi et pour qui (?) la désorganisation normalement attendue se ne produit pas. On peut inventorier les caractéristiques des tuteurs de résilience : manifester de l’empathie et de l’affection, s’intéresser prioritairement aux côtés positifs de la personne, rester modeste, laisser à l’autre la liberté de parler ou de se taire, ne pas se décourager face aux échecs apparents, associer le lien et la « loi », éviter les gentilles phrases qui font mal 14… Ces bonnes conduites prennent sens dans de bonnes pratiques et celles-ci sont alors l’objet d’une analyse en items probants, donc recommandables. Elles font programme.

Loin d’être une notion propre à la discussion psychopathologique, considérons que la notion ressort avant tout d’une psychologie de la santé et par-delà des référents d’une psychologie politique, de santé publique. Vouloir s’en saisir sur le plan psychopathologique, c’est contribuer à créer des confusions de genre et de langue : la démarche est épidémiologique et, comme toute démarche de ce genre, l’objectif est de favoriser les états de bonne santé, de ralentir ou de faire disparaître les états de mal-être et d’adopter les comportements supposés être ceux qui grèvent le moins la situation. Comme telle, la notion instruit une guidance de bonnes pratiques et recherche des éléments probants sur lesquels s’appuyer. La référence à du programme en est une condition : ce qu’il convient d’éviter, ce qu’il convient de renforcer.

La désistance

Il en va de même pour cette seconde notion. La désistance est d’abord le « contenant » d’une observation : l’agir criminel tend à décroître avec l’âge. Constante sociologique qui en soi ne nécessite pas d’interprétations psychologiques, sauf quand il s’agit d’une référence à la psychologie de la motivation. On dira alors que les motivations (à délinquer) sont moins insistantes, pour dire qu’elles se dirigent sur d’autres objets, que les comportements non intimidables cessent manifestement d’envahir l’espace social, ou encore que l’espace social se montre plus tolérant. De l’âge à ses besoins et motivations (vie en couple, être parent, avoir un emploi stable, la responsabilisation personnelle etc.) il n’y a qu’un pas : qu’est-ce qui change avec l’âge et que l’on peut inventorier afin que le résultat de l’inventaire puisse faire l’objet de conduites prescriptives et de surveillances ad hoc ? Dans les faits cela n’est pas si simple. Si l’on peut proposer un diagnostic de réitération sur la base de ce qui ne change pas, il est difficile de faire une prédiction sur quand et comment cela va changer. Si ce n’est par la systématicité d’un repère que l’on trouve par ailleurs et a posteriori dans tous les phénomènes addictifs : l’expérience d’avoir été envahi par une présence étrangère qui amène à dire « ce n’était pas moi ».

Quatre axes sont, dans toutes les études, mis en fonction sous une forme de triangulation ou de cercle : un choix personnel, impliquant un acte inaugural, une décision subjective ; des concours de circonstances, rendant compte des impasses perceptibles, des mises en échecs ; des retentissements d’expériences qui viennent dénaturer ce qui se faisait d’évidence, construisant du monde à coté et instruisant du décalage, de l’à coté du recours à des pratiques infractionnelles ; un désintéressement ou désinvestissement de celles-ci. Mis en programme, ces axes instruisent des contrôles spécifiques portant sur les conditions du changement de perception-action de soi-même, des autres et du monde : exil du monde « familier », dévalorisation de l’hier et de ce qu’il contenait, capacités à supporter l’éloignement et la division d’avec le monde des pairs (désaffiliation, désappartenance), capacités de reconstruire des repères valorisants et contenants.

Et, comme dans le cadre de la résilience, sont proposées des « bonnes pratiques » inventoriées dont on pourrait dire qu’elles constituent les bases anthropo-nomiques 15 de la prescription de la désistance en tant que résistance à la réitération. (1) Intégrité de soi et valorisation de soi, dans les dimensions du temps, de l’espace et des relations. (2) Accomplissement et visibilité de soi dans un trajet consistant. (3) Estime de soi, dans l’évitement des traces psychologiquement et socialement négatives. (4) Appartenance valorisante et affirmation d’une tradition et d’une filiation. (5) Sécurité ou acceptabilité des conditions de vie permettant de ne pas rester sur une vigilance permanente. (6) Possession de la capacité à couvrir les besoins élémentaires, manger, dormir, contact, chaleur, sexualité 16.

2.4/ Deux modèles

Dans cette perspective deux modèles sont interpellés, dont les incidences, les présupposés et les aires culturelles sont fort différents.

  1. Un modèle opportuniste et hédonique 17. Ce sont les théories de la rationalité de la délinquance et de la prévention situationnelle. Une référence à « l’économie du plaisir » du recours à l’acte est obligée et, par ailleurs, interprète les propos de nombre de délinquants de façon comportementale adéquate, dans le contexte d’un polymorphisme intra-délinquantiel. On peut alors parler des co-morbidités statiques, des comportements délinquants.
  2. Un modèle aléatoire 18. Le plaisir manifeste s’interprète plutôt sur un versant d’économie psychique comme une tendance à se laisser envahir par des affects et à s’auto-détruire 19. Un tel modèle est construit sur une théorie des possibles (et non du plaisir) : tout est possible, sauf ce qui est l’objet-même de la recherche, sur quoi elle se fonde et erre. C’est le tout sauf un, par où du désir se maintient. Il s’agit dès lors de chercher davantage à protéger le sujet contre lui-même et ses pulsions autodestructrices que de le considérer d’abord comme un prédateur jouissif ; et parmi les protections, le diagnostic des effets criminologiques comme les éventuels modes de contention. C’est ce dernier modèle qui amène à ordonner des cartographies des positions subjectives dans un ensemble fini, plutôt qu’à considérer la délinquance comme une entité se nourrissant d’elle-même, à l’infini jusqu’à la mort ou l’atteinte de l’âge – laquelle est, convenons-le, le retour étrange des théories de la dégénérescence ou de la conception de l’état terminal 20. Le polymorphisme des pratiques de soi, de l’autre et du monde est ici intra- et extra-délinquantiel : les pratiques infractionnelles ainsi désignées obligent à avoir une conception intégrative et différenciée dans le temps de vie d’un sujet. Des conceptions économiques, le passage se fait vers des conceptions où la question du narcissisme devient centrale. Dans tous les cas, ce passage implique de se rendre particulièrement attentif à ce qui, introduisant ruptures et ressentiments, recrée les défaillances : ruptures toujours proches de la chute et de la résistance psychique/sociale à celle-là, ressentiments toujours proches du sacrifice (de soi, de l’autre et du monde) qui ne couvrent que partiellement les vecteurs de la haine de soi, des autres et du monde 21. Ce qu’on appelle faire le mal.

Désistance et résilience, bien plus que se présenter comme des concepts expérimentables, sont bien deux paris dont les « attendus » ne peuvent être que de l’ordre du probable et de l’incertain ou, à l’extrême, de la conviction ! Bien loin de s’inscrire dans une réflexion psycho-pathologique, ils ré-explorent le vaste champ des « anomalies psychiques »/« absence d’anomalies » et des effets politiques auxquels elles sont liées, c’est-à-dire du sort qui leur proposé 22.

Désistance et résilience, en outre, ne tiennent que du rapport à une autre notion émergente dans un même champ : l’empathie cognitive 23 et ce qu’elle laisse apparaître d’un contexte politique victimologique. Dans ce dernier, l’accent est mis d’une part sur la responsabilité, qu’elle soit envisagée sous un angle moral 24 (des conventions et des valeurs admises), pénal (d’un code qui, en déterminant une sanction, en mesure les effets de peines) ou psychologique (lorsque la question de l’altérité s’envisage sous une double dialectique éthico-morale, ontique-déontologique) ; d’autre part sur la capacité des intervenants à ne pas se laisser envahir par leurs propres intérêts ou désintérêts 25. D’une certaine manière, le seuil d’empathie est ce qui sera revendiqué tant pour les personnes actrices de pratiques infractionnelles que pour les acteurs de changement.

3/ Une analyse anthropo-nomique : vers de nouvelles configurations de l’accompagnement

À ce stade de notre réflexion sur la triade « désistance-résilience-empathie », l’anthropo-nomie peut dès lors être envisagée comme prescription d’accompagnement et variations logiques de modalités opératoires.

S’il s’agit bien de modes de régulation des pouvoirs envisagés du point de vue des responsabilités, chacun s’offre à l’autre et à lui-même, du point de vue cognitif comme du point de vue dynamique, par quatre dimensions normatives : citoyen, par une considération positive des conséquences des actes (empathie), porteur de projet, inscrit dans un cadre d’employabilité (un emploi pour quoi faire), voisin, par la différenciation des réseaux d’appartenances (sociétalité active de voisinage), croyant, par le souci de transmettre (filiation). Citoyen, porteur de projet, voisin et croyant sont autant de modes de développement et de déploiement de soi-même.

Chacune de ces dimensions, si l’on ne se restreint pas à la seule clinique épidémiologique de diagnostic et d’intervention pour permettre l’arrêt de la diffusion du mal, oblige également à avoir une représentation différenciée de ce que l’on peut identifier comme une clinique psycho-pénale, polymorphique, poly-professionnelle et non hiérarchisée, selon les acteurs de cette clinique : Clinique du judiciaire, Clinique de l’éducatif, Clinique du thérapeutique, Clinique du somatique.

Chacune d’entre elles tient de jouer sur deux versants. (1) En quoi la contrainte du répressif (responsabilité et pénalité individuelle) repose dialectiquement sur une position autocritique, entre justice restaurative et médiation. (2) En quoi le rapport à l’autre s’inscrit dans un contexte où l’éducatif (rapport à l’autorité) se met en scène avec l’éducationnel (la possibilité de faire et de tenir un débat dans un enjeu). (3) En quoi le rapport au thérapeutique est une position critique sur les facteurs institutionnels de présence aux autres, ordonnée sur une présence à soi historique et visant son a-historicité (au-delà des imagos et des complexes, la question des axiomes et des structures). (4) En quoi le rapport au soma, « se sentir, se mouvoir et se toucher », tient du rapport à un tiers et de l’intérêt positif porté sur soi (où la mésestime et la haine de soi est corollaire à la destruction de l’autre comme personne et intégrité), de la réversibilité des places où s’évanouit parfois le « sujet ».

On peut par exemple imaginer, dans ce cadre, une reconsidération théorique et pratique des Programmes de Prévention de la Récidive (PPR) mis en place par l’Administration Pénitentiaire, programmes où l’on croit trop naïvement qu’il convient de parler de soi infractionnel pour en remontrer les méandres et obtenir une conversion. Outre que cela risque de faire double emploi avec les groupes de parole animés par des psychologues qui se revendiquent d’être thérapeutes, ces nouveaux groupes de parole trouvent plus d’assurance légitime et théorique à se penser dans la dynamique éducatif/éducationnel que dans une complémentarité avec le thérapeutique. Là il est possible de poser du débat et d’en faire des enjeux, de projeter des pratiques infractionnelles et d’en évaluer les effets. Ici c’est le collage d’une histoire interne (l’histoire intérieure de vie) avec une histoire externe (le fait infractionnel) qui peut alors être mis au travail dans une relation outrement 26 thérapeutique. Et il en serait de même des diagnostics criminologiques (ou « à visée criminologique ») qui deviennent évidents à partir du moment où l’on a quitté un fait de justice qui s’étayait sur le rapport de l’homme à son libre arbitre et à son émancipation, pour une justice qui revendique sa réalité dans le sentiment et l’acquisition de la responsabilité. Laquelle engendre du même coup la création de groupes (familles, individus, situations etc.) à risques. Que l’on attribue à la criminologie l’origine de la notion et sa constitution est un leurre. C’est le paradigme général de représentation de l’homme qui a changé dans l’interrogation portée sur ses déterminismes, et c’est par là que savoirs et dispositifs ont trouvé leur développement.

La question de la différenciation entre dangerosité criminologique et dangerosité psychiatrique est dans une situation analogue, politiquement utile, heuristiquement précaire 27. Le fait de la remettre en cause irait de cascades en cascades à reconsidérer la place de l’expertise mentale de responsabilité dans une reconversion nécessaire de la question expertale et de ce à quoi on veut la rendre utile 28.

4/ Gouvernance, biopolitique 29, problématiques pénitentiaires et problématiques de santé publique

Selon les dispositifs de gouvernance et le poids donné aux économies institutionnelles par rapport aux économies personnelles et professionnelles, il est clair que les modes de régulation vont mettre l’accent plus sur la probation/réinsertion ou sur la réinsertion/probation. On peut ainsi distinguer au moins deux types de glissement :

  1. Selon que l’on ait affaire à des dispositifs de gouvernance dans l’inaptitude fondamentale et a apriorique à identifier ce qui fait les différences institutionnelles. Une économie règne sans référence politique-utopique ; l’homme s’absente au profit de sa marchandisation. Les programmes deviennent des fétiches avant de devenir des reliques. La probation vaut plus que l’insertion. L’évaluation vaut plus que l’inquiétude des accompagnements pénitentiaires.
  2. Selon que l’on ait affaire à des « libertaires » du lien social et dans ce cas, aucune institution n’est réputée tenir au regard des idéalités portées par les uns et par les autres et l’individualisation des prises en compte. L’insertion vaut plus que la probation. L’évaluation est nécessairement une mesure négative répressive 30. Donner est sans compter. L’aide ne peut être évaluable. La valeur n’a pas de prix.

Certaines conditions épistémologiques sont par ailleurs nécessaires, car deux excès au moins guettent nos références disciplinaires en en réifiant les processus de connaissance : instrumentalisme versus idéalisme, nominalisme versus empirisme. Excès dans des formes de descriptivité faussement ethnologique ou éthologique (le descriptif phénoménal n’est pas saisi dans sa dimension institutionnelle relative), oscillant entre une sociologie de l’ordre (et de la valorisation de la répression ou de la référence sécuritaire) et une sociologie des conflits favorisant une polémique hors champ. L’accent est alors mis sur une dimension factuelle qui en occulte la dimension actuelle

  • en termes de traits de caractère ou de signes sémiologiques organisés (structures) ou combinés (syndromes), typologies de traits, de leurs appartenances plus ou moins statistiques à des classes et à des catégories d’action-description. Traits et catégories font alors office de modes d’emploi pour une double prescription de profilage (prévention) ou de préconisation (la leçon à suivre). L’idéalisme des « styles de vie » qui néglige les économies institutionnelles, inhibe toute démarche d’investigations plurielles et pluridimensionnelles ;
  • en termes d’une analyse psycho-criminologique qui s’apparenterait plus à l’analyse détective et criminalistique, c’est-à-dire à une temporalité où dominent la chronologie et le à rebours. La confusion d’une analyse détective avec une analyse patho-biographique occulte les temporalités inhérentes à l’une et à l’autre.

Pour ne pas conclure

Il n’est pas d’interventions qui ne soient programmes, c’est-à-dire projet politique et intelligence éthique. La complexité analysée sous l’angle criminologique permet sans nul doute de repérer ce qui ailleurs fonctionne d’évidence et ne se remarque plus, ici confrontée à deux rocs : la question du droit et de sa force normative positive ; la question de la subjectivité qui ne va jamais jusqu’à une « toute radicalité » sauf, peut être, pathologique. Nous pouvons davantage répondre à notre question de départ : la désistance n’a pas d’autre contenu que d’être heuristique dans la mesure où elle contraint à travailler sous surveillance et à mettre la surveillance sous contrôle ; à pratiquer moins la certitude que le doute pour celui qui admet qu’une trajectoire n’est pas un parcours. On peut estimer la trajectoire d’un projectile, on ne peut que faire des hypothèses et les accompagner quand il s’agit d’un parcours qui n’est pas à l’avance calculable mais peut être objet de paris pascaliens.

Des programmes… oui. Mais pour quelle « utopie » et quels regards scientifiques ?

—————————-

1 Psychologue, Professeur de Psychologie et Psycho-Criminologie. Dr. du GIS CrimSo, Dr. de l’Institut de Criminologie et Sciences Humaines, Université Européenne de Bretagne, Rennes 2.

2 Psychologue, Docteur en psychologie. GIS CrimSo, Institut de Criminologie et Sciences Humaines, Université Européenne de Bretagne, Rennes 2.

3 Psychologue, Doctorante, IGE. GIS Crimso, Institut de Criminologie et Sciences Humaines, Université Européenne de Bretagne, Rennes 2.

4 « La probation est un temps se substituant à l’incarcération, durant lequel un criminel doit se conformer à la loi, supervisé par un agent de probation » ; « La probation est une période durant laquelle quelqu’un évalue votre caractère et votre aptitude au travail, de manière à voir si vous êtes apte à poursuivre cette activité ».

5 « Réseautage » : prendre le sujet comme systèmes d’appartenances et considérer que ces systèmes d’appartenances prédéterminent les positions à venir.

6 La complexité comme objet en soi.

7 Castongay L-G., Beutler L-E. (Ed), Principles of therapeutic change that work, New York, Oxford University Press, 2005.

8 Voir par exemple Pikula J.-L., « Lettre ouverte à M. Emmanuel Brillet », Expressions pénitentiaires, 2009, 32, pp. 12-20.

9 Ce qui du milieu comme climat/humeur et dispositifs de régulation des pouvoirs pré-organisent et font perdurer, dans les organisations psychiques et les pratiques d’alliances, des postures existentielles, dont les pratiques infractionnelles sont un avatar parmi d’autres (psychiatriques, déshérences, errances, somatisations, échecs…).

10 Lecomte J., « Qu’est-ce que la résilience ? Question faussement simple. Réponse nécessairement complexe », Pratiques psychologiques, 2002, 1, pp. 7-14.

11 Manciaux M. (Ed), La résilience. Résister et se construire, Genève, Médecine et Hygiène, Cahiers médico-sociaux, 2001.

12 Lecomte J., « La résilience après maltraitance, fruit d’une interaction entre l’individu et son environnement social », Les Cahiers de Psychologie politique, 2006, 8.

13 Lecomte J., « Qu’est-ce que la résilience ? Question faussement simple. Réponse nécessairement complexe », 2002, op. cit. : « Par ailleurs, le taux de résilience au sein d’une population peut fortement varier selon la méthodologie utilisée. […] six problèmes […] peuvent se présenter concernant la définition et l’évaluation de la résilience: a) critères caractérisant la situation ou l’événement comme traumatisant ; b) définition de la résilience en termes de trait, de résultat ou de processus ; c) utilisation d’une procédure rétrospective ou prospective ; d) critères caractérisant le fonctionnement comme résilient ; e) nombre de critères pris en compte ; f) source d’évaluations de la résilience ».

14 Lecomte J., « La résilience après maltraitance, fruit d’une interaction entre l’individu et son environnement social », 2006, op. cit.

15 Nomos, ce qui fait norme et sa mise en valeur.

16 Bensimon P., Profession criminologue. Analyse clinique et relation d’aide en milieu carcéral, Montréal, Guérin, 2009.

17 Cusson M., Prévenir la délinquance. Les méthodes efficaces, Paris, PUF, 2002 ; Cusson M., La délinquance une vie choisie. Entre plaisir et crime, Cahiers du Québec, Collection Droit et criminologie, 2006.

18 Villerbu L.M., « Vers une psycho-criminologie intégrative », 2008, disponible sur le site http://www.villerbu-crimino.fr/ ; Villerbu L.M., « La psycho-criminologie, le crime et le criminel et les acteurs de la réaction sociale. Approche clinique et épistémologique » in Coutanceau R., Smith J. (Ed), La violence sexuelle. Approche psycho-criminologique. Évaluer, soigner, prévenir, Paris, Dunod, 2010.

19 Le problème est le même dans le cadre des victimologies sérielles et des victimisations multiples. Sur les premières : Villerbu L.M., Pignol P., « Approche sérielle en victimologie familiale : une conversion nécessaire dans l’analyse des situations de maltraitance et dans le travail psychosocial », in Crocq L. (Ed), Traumatismes psychiques. Prise en charge psychologique des victimes, Paris, Masson, 2007, pp. 259-269 ; sur les secondes : Wemmers J.O., Introduction à la victimologie, Montréal, PUM, 2003.

20 Minkowski. E., Traité de psychopathologie, Paris, PUF, 1966.

21 Villerbu L.M., Pignol P., « L’entretien clinique en agressologie », « L’entretien clinique en victimologie », in Douville O., Jacobi B. (Ed), 10 entretiens en psychologie clinique de l’adulte, Paris, Dunod, 2009, pp. 85-129 ; Villerbu L.M., « D’une formule embarrassante à une autre : l’interchangeabilité des positions d’agresseur et de victime » in Cario R., Mbanzoulou P. (Ed), La victime est-elle coupable ? Autour de l’œuvre d’Ezzat Abdel Fattah, Paris, L’Harmattan, 2004, pp. 43-61.

22 Lecomte J., « La résilience après maltraitance, fruit d’une interaction entre l’individu et son environnement social », 2006, op. cit. : « La psychologie clinique s’est surtout préoccupée de pathologie et a fortement délaissé l’étude des fonctionnements adéquats chez l’être humain. En s’intéressant au diagnostic des difficultés et des ressources des individus […], le concept de résilience nous invite à percevoir également la face positive de la médaille. C’est pourquoi on peut rattacher ce concept à un large courant de recherche actuellement en plein essor outre-Atlantique : la psychologie positive dont plusieurs numéros récents de revues internationales mettent en évidence le foisonnement actuel. Un numéro d’American Psychologist (2000, 55) a traité de la joie, du bien-être subjectif, de l’optimisme, de la foi, de l’autodétermination, de la sagesse et de la créativité ; un numéro du Journal of Social and Clinical Psychology (2000, 19) a traité de la morale, du contrôle de soi, de la gratitude, du pardon, de l’espoir et de l’humilité ; un numéro des Annals of the American Academy of Political and Social Science (2004, 591) a été consacré au développement positif des enfants et des jeunes, avec notamment des articles sur le bien-être, sur des programmes d’apprentissage émotionnel, l’optimisme, la sagesse, la résilience. »

23 En italique, pour la différencier de la notion telle qu’elle est utilisée par Rogers C.R., Le développement de la personne, Paris, Dunod, 1970. Voir également Miller R.W., Rollnick S., Motivational interviewing. Preparing people to change addiction behavior, New York, The Guilford Press, 1991 ; Rossignol V., L’Entrevue motivationnelle : un guide de formation. Version préliminaire 4.1, 2001, disponible sur le site http://www.entretienmotivationnel.org/ressources/multimedia/

24 Hoffman M., Empathie et développement moral. Les émotions morales et la justice, Grenoble, PUG, 2008.

25 Balier C., La violence de vivre, Ramonville-Saint-Agne, Erès, 2007.

26 Outrement et non pas autrement ! Le néologisme ne s’est pas une faute d’orthographe mais l’espace d’un nouvel essor épistémique.

27 Villerbu L.M., Moulin V., « Vers une dangerosité psycho-criminologique : construction de la dangerosité… ou la fabrique des imprudences » in Mbanzoulou P., Bazex H., Razac O., Alvarez J., Les nouvelles figures de la dangerosité, Paris, L’Harmattan, pp. 113-129.

28 Villerbu L.M., Palaric R., Moulin V., La Co-construction expertale, Rapport de recherche, GIP Justice, 2009, pp. 98-121.

29 Foucault M., Naissance de la biopolitique, Cours au collège de France (1978-1979), Paris, Gallimard/Seuil, 2004.

30 Tremblay R.E., Prévenir la violence. Dès la petite enfance, Paris, Odile Jacob, 2008. Et en contrepoint : Giampino S., Vidal C., Nos enfants sous haute surveillance. Evaluations, dépistages, médicaments…Paris, Albin Michel, 2009.

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