Contribution psycho-criminologique aux dynamiques fantasmatiques des Agressions à Caractère Sexuel chez les auteurs d’agressions. (AACS)

Institut de criminologie et Sciences Humaines, ICSH – Université Rennes2, Haute Bretagne, France

Pr. LM Villerbu, V. Moulin (CIFAS PARIS 2007)

Ou un autre titre : Quels sont les critères sur lesquels se fonde le choix des victimes par « l’agression de l’agresseur » et plus largement le contexte de victimation, victimant versus victimé? Ou encore vulnérant versus vulnérable ? Qui sera une autre manière de penser et formaliser la dangerosité et la réitération. En réduisant pas la personne de l’agressé à l’acte commis ou au discours sur lequel : elle en rend compte, nous en rendons compte.

Quelques définitions opératoires

1- La psycho-criminologie

N’est pas une psychologie appliquée à la criminalité ou une psychologie criminologique.
N’est pas une criminologie offrant un champ d’expériences pour une confrontation disciplinaire et scientifique.
Est un autre paradigme définissant une approche éthique et politique et ce qui s’ensuit sur le plan théorique et méthodologique, des attaques du lien social, c’est-à-dire d’un objet anthropo-biologique défini comme un vivre ensemble.

2- Les dynamiques fantasmatiques

Fantasmatique est ici saisie comme mouvement et épure, esquisse contenant un scénario qui obéit à une logique fondée sur le principe d’une répétition de la même situation non problématisée.

La Fantasmatique ne s’épuise ici en aucune représentation finie, elle se constitue comme une pré chose dont la trace est le mouvement entrevu et l’habitat qu’elle suppose: une esquisse qui contient du temps sans durée, renvoyant à un pseudo passé et qui ne s’épuise en aucun espace scénique a priori.

3- Des agressions à caractère sexuel

Une agression n’est sexuelle que dans sa qualification judiciaire et pénale: elle traîne avec elle ce faisant une infinie variété des valeurs composant de l’être ensemble et de l’en-commun dans ses formes tolérées ou inacceptables.

Si elle a ce faisant un caractère sexuel, en tant que trait objectivant, elle raconte au-delà du fait une mise en scène pré-thématique qui s’est fixée et chosifiée, en contre dépendance et dans la haine, manifeste ou masquée, dans un système de valeurs (non atteint ou sans accès) par un individu à la fois citoyen, porteur de projet, voisin, croyant et sujet par sa capacité à tenir tout cela ensemble sans s’y aliéner…

4- Scène et mise en scène: l’histoire d’un couple pénal.

Du Délire à Deux en psychiatrie au Choix de la Victime en criminologie il y a une même rationalité transposée dans des champs professionnels différents… et dans des modules de pouvoirs discriminés: la justice d’un coté, la santé mentale de l’autre.

C’est ici toute l’histoire de la victimologie contemporaine qui se rassemble et inflige à une pensée qui séparait les pouvoirs, sinon une opprobre du moins un scandale : Aucune distribution des pouvoirs ne se suffit à elle même et chacun puise sa légitimité dans ce à quoi l’autre se refuse… dans une perpétuelle réélaboration de compétences et des champs.

Vers une autre histoire

La notion de couple pénal est une refondation de l’analyse pénale et agressologique des agressions/agresseurs. Elle a contraint à mieux différencier ce qui en psychologie comme en droit renvoie à la culpabilité à la responsabilité. Au lieu de concevoir l’un et l’autre en psychologie dans une échelle de maturité/immaturité cette notion a contraint à penser l’altérité différemment de la valeur ou de la norme: 1-ce qui produit de l’être et 2- ce qui produit de la valeur dans la condition humaine. Une découverte en quatre temps.

Les deux premiers :

  • Temps 1: il n’y a de victimes que des conditions socio-psychologiques d’existence antérieure: théorie de la reproduction exigeant de façon préventive un déplacement du milieu de base.
  • Temps 2 : il n’y a de victime que dans ce qu’elle offre à son insu ou non à l’agresseur : théorie éco-éthologique et ou sociologique de la posture «dominant-dominé» et de l’identification des traits contextualisés.

Les deux derniers :

  • Temps 3 : Tout agresseur le devient par renversement d’une position antérieure : théorie de la répétition par identification à l’agresseur qui va supposer une analyse rétrospective infantile et génétique. Modèle de la « reverse » , du flux et du reflux dans un espace sans changement propre.
  • Temps 4 : Le choix de la victime ou du contexte victimant ne dépend pas essentiellement d’un passé historique plus ou moins lointain et chosifié mais du retentissement d’une situation/agression chez un victimant : théorie de l’impact et de la répétition anxieuse et jubilatoire, des « effets de l’impact » engendrés par l’agression elle-même chez l’agresseur.

Elaboration d’une néo construction subjective et d’une néo réalité qui va supposer de chercher et d’être vigilant aux modes d’attestation de la présence de soi à soi, dans une expérience confuse avec un faisant fonction de tiers. Modèle: toxicomanie.

Le choix de la victime et du contexte de victimation; un expérience de confusion active

Ce qui se dit en terme de impulsion ou d’immaturité est en entendre en terme de confusion des espaces d’attestation d’une scène pré-thématique en perpétuelle remaniement ou instabilité et qui ne devient infractionnelle (attaque de l’en-commun) qu’en se stabilisant dans une forme qui en appelle à une certitude, qu’elle soit visuelle, de tact; la certitude qu’impose un contexte de lois ou de cadre légal.

Que ce soit sous forme de colère ou de séduction cette certitude soutend une haine de la perte et du manque, c’est-à-dire une chosification et un temps absolument barré à toute modification. L’instant d’une vision ou d’un toucher pris pour l’éternité.

Deux stratégies d’attestations de présence dans la mise en monde.

L’expérience de Hermann Rorschach elle même empruntée partiellement à Karl Kahlbaum demeure ici indispensable pour saisir les mouvements fugitifs engendrant des mises en scène, dans une autotraduction des sens entre eux.

Confabulations et contaminations sont deux modes d’expériences du monde en émergence : La confabulation ne se guide que sur une « image interne), la contamination se construit sur une attestation externe, l’un et l’autre sans auto-critique.

Dans un double rapport de carence et d’excès mutuels

La confusion implique un double rapport spatial: la distance versus proximité de soi à l’autre par laquelle autrui est tenu ou non, dans un écart qui l’exile ou l’adopte: (ex. ne pas se sortir d’une séparation).

Les frontières dedans versus dehors par lesquelles autrui parait et disparaît comme émotions ou sentiments, émois et affects : (ex. tomber en amour).

Pour nous résumer et engager un schéma Psycho-Criminologique des modes d’agressions et de leur réitération polymorphique:

  • Deux stratégies sur le plan cognitif et présentiel
  • Deux opérations sur le plan perceptivo moteur ou sensoriel,
  • Deux formes d’élaboration du matériel onirique ou infra conscient.
  • Deux modes constitutifs de présence
  • Distance/proximité
  • Dehors/ dedans
  • Radicalité de la présence
  • Radicalité de l’affect
  • La victime en tant qu’elle est interprétée et ramenée à une condition de pré sujet
  • Une approche phénoménologique en terme de carence et d’excès
  • Carence versus excès de distance/ proximité
  • Carence versus excès de dehors/ dedans
  • Une Approche stratégique de logiques de constructions
  • Contamination: coller à ce qui se donne dans une pseudo apprésentation
  • Confabulation : imaginer à partir de ce qui ne se présente pas
  • Pour un autre paradigme
  • Schéma psycho-criminologique
  • Approche phénoménologique
  • Logique de construction
  • Carence/excès
  • Distance/ proximité
  • Carence/excès
  • Dehors/dedans
  • Contamination ?
  • Confabulation ?
  • Développement du schéma psychocriminologique
  • Distance/proximité en carence et excès, d’où des rejets:
  • Dehors/dedans en carence ou excès d’où des rejets :
  • Contamination
  • La victime peut être n’importe QUOI:cambriolage=viol= etc..
  • Rejet de proximité
  • La victime peut être n’importe QUI, sauf qu’il y a un trait objectif (entre les victimes, trait unaire) commun; Rejet du dehors
  • Confabulation
  • La victime est saisie et agressée à la place de une personne qui s’est dérobée ( séparations…). Rejet de la distance.
  • La victime est vécue comme provocatrice et invasive; il faut faire cesser cette pénétration pour garder le problème dehors, d’où l’agression. Rejet du Dehors
  • Dans un contexte spécifique : L’analyse sérielle, obligeant à une analyse bioscopique
  • Polymorphique( dont le contenu peut être varié)
  • Délinquantielle : une infraction et une autre, parmi d’autres
  • Extra Délinquantielle: une désinsertion, une somatisation, une psychiatrisation,..tout décrochage en appelant à une institution de pouvoirs( santé, sociale…)
  • Et séquentielle : en référence à une causalité en boucle d’unités comportementales et situationnelles

Et alors…pour le psycho criminologue …Intérêt pour la saisie des références Patho.

Biographiques : l’analyse des repositionnements subjectifs face aux impasses de structures et des axiomes existentiels
Intérêts pour la saisie des références criminopsychologiques: l’analyse détective, positions par rapport aux imputations et attributions .
Psycho Criminologue dans l‘étude des attaques du lien social
Le lien social
À la fois généalogie et filiation genre , en tant que différenciation Animé/Inanimé, Garçon/ Fille, Masculin /Féminin.
A la fois réciprocité que le don atteste et mutualité que la dette atteste.
A la fois organisation de la régulation des pouvoirs et identificateurs des lieux d’attaques : l’auto désignation. À suivre…
Pour un prochain CIFAS

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